Le Blog d'Annik

méditations libres sur le sens de la vie, sur la foi...

17 février 2009

Qu'est-ce qu'un prêtre?

P. Scholtus : "Un prêtre n'est pas une assistante sociale, mais un soldat de Dieu"

 

Le supérieur du Séminaire des Carmes, à Paris, imagine pour «

La Croix

» ce que serait aujourd’hui l’Église catholique si Vatican II n’avait pas eu lieu

 

L’autre nuit, j’ai fait un rêve, un mauvais rêve, un cauchemar « négationniste » : Vatican II n’avait pas eu lieu !


Voilà ce que m’explique, en songe, un jeune prélat qu’on m’a présenté comme le plus éminent représentant de

la Tradition

catholique : « Les historiens modernistes nous ont trompés. Jamais il n’a été question de Concile et encore moins d’aggiornamento. Les conciles de Trente et Vatican I n’avaient-ils pas porté à son point d’achèvement et de perfection la doctrine catholique ? »


Pour mon interlocuteur, les réformes n’ont jamais existé que dans la tête de quelques « apostats idolâtres soupçonnés d’intelligence avec l’ennemi judéo-maçonnique ». D’ailleurs, je dois en être puisqu’on m’a assigné à résidence dans un endroit qui ressemble à un cloître. J’y vois passer des ombres tonsurées. J’entends parler latin. Je ne sais pas ce qui m’attend.

Laxisme et démagogie

Je me retrouve devant un évêque que je ne connais pas. Sur son bureau, la dernière édition du Nouvel Intransigeant et un livre de Maurras passablement fatigué. Tout en jouant avec l’énorme améthyste qu’il porte à l’annulaire droit, sur un ton d’onctueuse dureté, ce dignitaire m’expose les motifs de ma relégation : l’insistance déplacée avec laquelle j’aurais commenté dans mes prêches les Béatitudes et le Magnificat ; mon amitié suspecte pour le rabbin Rosenstock et le pasteur Morel, et l’imprudente proposition que j’ai faite de créer dans le diocèse des instances de dialogue avec les incroyants, les musulmans, les scientifiques ; mon usage abusif de la langue vernaculaire qui a fini par détourner les fidèles des Mystères sacrés ; la manière irresponsable que j’ai eue de les inciter à « lire les signes des temps », à s’exprimer et à débattre, à se former et à devenir des chrétiens adultes.


Il m’a aussi accusé de laxisme et de démagogie : je manquerais particulièrement de netteté dans la dénonciation, je laisserais penser que l’amour prime sur la vérité, que la miséricorde vaut mieux que la loi. Il a fini par me dire : « Sachez, Monsieur l’abbé, qu’un prêtre n’est pas une assistante sociale, mais un soldat de Dieu. »


À ce moment, je me suis réveillé en sueur et en sursaut, heureux de n’avoir pas eu le temps de me laisser intimider. Heureux surtout d’être là, en communion avec l’Église que j’aime et que, si le Concile n’avait pas eu lieu, j’aurais sans doute désertée, préférant me mêler aux effervescences du siècle plutôt que d’avoir à moisir dans une Église-citadelle qui n’aurait aujourd’hui plus rien d’autre à attendre que la visite des ethnologues et des folkloristes de l’École des hautes études en sciences sociales. Si le deuxième concile du Vatican n’avait pas eu lieu, j’aurais peut-être même été tenté de fomenter un schisme… sans pouvoir espérer qu’une main me soit un jour tendue en vue de ma réintégration.

Encore moins de vie, encore moins d’espérance

Une chose est sûre : s’il n’y avait pas eu un Concile pour le désensabler, je n’aurais pas pu me baigner dans le fleuve profond de

la Tradition. Je

n’aurais pas eu accès à ce qui jusqu’à ce jour a été ma raison de vivre et de penser, de croire et d’espérer : l’éternelle nouveauté du Christ, l’humanité de Dieu, la passion de l’autre, la joyeuse liberté des enfants de Dieu. Et pour me laver définitivement de ce vilain cauchemar, je suis allé relire les mots prononcés par Paul VI le 7 décembre 1965. Il explique que le Concile n’a pas été autre chose qu’« un appel amical et pressant qui convie l’humanité à retrouver Dieu par la voie de l’amour fraternel ».


Des mots qui suffisent à faire comprendre que si le Concile n’avait pas eu lieu, il y aurait sur cette terre encore moins de fraternité, encore moins de vie, encore moins d’espérance. L’Église serait aujourd’hui coupable de manquer à ce monde auquel elle est redevable de l’amitié de Dieu et de la lumière du Christ.


Voilà, c’est dit. Mais plutôt que de devenir un intégriste de Vatican II, comme nous y pousseraient insidieusement les traditionalistes, j’ai pris la résolution de tenir le cap que je me suis fixé : être résolument un contemporain. « Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps. » La citation est de Giorgio Agamben, un de ces philosophes incroyants d’autant plus dangereux qu’il a lu les Pères de l’Église, et qui aurait eu toutes les chances d’être mis à l’Index… si Vatican II n’avait pas eu lieu.

   
 

 
 

P.   Robert SCHOLTUS

 

 

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18 octobre 2008

Les hommes sont des cadeaux


Du moins ainsi pensait Jésus : " Père, je veux que ceux que tu m'as donnés soient là où je serai... "
Je partage l'avis de Jésus et je veux que ceux que le Père m'a donnés soient là où je serai.
Les gens sont des cadeaux que le Père a enveloppés pour nous les envoyer.
Certains sont magnifiquement enveloppés.
Ils sont très attrayants dès le premier abord.
D'autres sont enveloppés de papier très ordinaire.
D'autres ont été malmenés par la poste.
Il arrive parfois qu'il y ait une "distribution spéciale".
Certains sont des cadeaux dont l'emballage laisse à désirer ;
d'autres dont l'emballage est bien fait.
Mais l'emballage n'est pas le cadeau !
C'est si facile de faire une erreur et nous rions quand les enfants prennent l'un pour l'autre.
Parfois le cadeau est difficile à ouvrir. Il faut se faire aider.
Peut-être parce que les autres ont peur ?
Parce que ça fait mal ?
Ils ont peut-être déjà été ouverts et rejetés !
Ou se pourrait-il que le cadeau ne me soit pas destiné ?

Je suis une personne et donc, moi aussi, je suis un cadeau !
Un cadeau pour moi-même d'abord.
Le Père m'a donné à moi-même.
Ai-je été regarder à l'intérieur de l'emballage ?
Ai-je peur de le faire ?
Peut-être ai-je jamais accepté le cadeau que je suis...
Pourrait- il se faire qu'il y ait à l'intérieur quelque chose de différent de ce que j'imagine ?
Je n'ai peut-être jamais vu le cadeau merveilleux que je suis.
Les cadeaux du Père pourraient-ils être autre chose que magnifiques ?
J'aime les cadeaux que je reçois de ceux qui m'aiment,
pourquoi pas les cadeaux du Père ?
Je suis un cadeau pour les autres.
Est-ce que j'accepte d'être donné par le Père aux autres ?
Un homme pour les autres ?
Les autres doivent-ils se contenter de l'emballage ?
Sans jamais pouvoir apprécier le cadeau ?

Toutes les rencontres sont des échanges de cadeaux.
Mais un cadeau sans quelqu'un qui le donne n'est pas un cadeau ;
c'est une chose privée des liens avec celui qui le donne ou celui qui le reçoit.
L'amitié est une relation entre les personnes qui se voient comme elles en vérité...
Les cadeaux du Père les uns envers les autres, pour les autres, pour des frères !
Un ami est un cadeau pas seulement pour moi, mais aussi pour les autres à travers moi.
Quand je regarde mon ami, quand je me l'approprie, je détruis sa nature de cadeau.
Si je le mets de côté pour moi, c'est alors que je le perds ;
si je le donne aux autres, je le garde.
Les gens sont des cadeaux reçus ou donnés...
comme le Fils.
L'amitié est une réponse de personnes - cadeaux au Père qui donne.
L'amitié est Eucharistie, action de grâce !

Georges B. Wintemann

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Les pains et les poissons (Mc 6,30-44)

Les pains et les poissons (Mc 6,30-44)

(Voir aussi

Matt 14.13-21

;

Luc 9.10-17

;

Jean 6.1-14

)

6 30 Les apôtres revinrent auprès de Jésus et lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait et enseigné. 31 Cependant, les gens qui allaient et venaient étaient si nombreux que Jésus et ses disciples n'avaient même pas le temps de manger. C'est pourquoi il leur dit : « Venez avec moi dans un endroit isolé pour vous reposer un moment. » 32 Ils partirent donc dans la barque, seuls, vers un endroit isolé. 33 Mais beaucoup de gens les virent s'éloigner et comprirent où ils allaient ; ils accoururent alors de toutes les localités voisines et arrivèrent à pied à cet endroit avant Jésus et ses disciples.

34 Quand Jésus sortit de la barque, il vit cette grande foule ; son cœur fut rempli de pitié pour ces gens, parce qu'ils ressemblaient à un troupeau sans berger . Et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. 35 Il était déjà tard, lorsque les disciples de Jésus s'approchèrent de lui et lui dirent : « Il est déjà tard et cet endroit est isolé. 36 Renvoie ces gens pour qu'ils aillent dans les fermes et les villages des environs acheter de quoi manger. » 37 Jésus leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Mais ils lui demandèrent : « Voudrais-tu que nous allions dépenser deux cents pièces d'argent pour acheter du pain et leur donner à manger ? » 38 Jésus leur dit : « Combien avez-vous de pains ? Allez voir. » Ils se renseignèrent et lui dirent : « Nous avons cinq pains, et aussi deux poissons. » 39 Alors, Jésus leur donna l'ordre de faire asseoir tout le monde, par groupes, sur l'herbe verte. 40 Les gens s'assirent en rangs de cent et de cinquante. 41 Puis Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et remercia Dieu. Il rompit les pains et les donna aux disciples pour qu'ils les distribuent aux gens. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous. 42 Chacun mangea à sa faim. 43 Les disciples emportèrent les morceaux de pain et de poisson qui restaient, de quoi remplir douze corbeilles . 44 Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.

 

Il y avait la foule…
Et puis la faim…
Une si grande faim…
Et puis, il y a avait des pains…
Un avoir à donner
Un savoir à énoncer
Une Parole à goûter!

 

Il y avait la foule
Et, devant la foule
Deux poissons…
Deux, comme les disciples envoyés
Deux êtres
Disponible et ouverts
Deux êtres prêchant
Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur
Deux êtres témoignant
De Lui avec ferveur
« Donnez-leur vous-même à manger! »
Qu’il avait dit…

 

Peut-être y avait-il en ce temps-là
Des femmes… des Marie de Magdala
Dont on a fait une prostituée
Des Marthe, des Phoebé
Des femmes inspirées
Qu’on aurait ensuite éclipsées.

 

On avait une religion à fonder
Le témoignage devait être juridiquement accepté

 

Il y avait la foule…
Et il avait dit : «Donnez…
«N’ayez pas peur… donnez…
Ne gardez pas
Ne thésaurisez pas
Donnez…
Perdez le sens de la propriété privée
De l’appropriation pour soi,
Le sens de nos droits!
Qui est l’auteur de ce que vous dites?
Qu’est-ce qu’un ministère?
Tout ne vous échappe-t-il pas?
Par où dont le vent a-t-il soufflé?

 

Il y avait la foule…
Mais il y avait aussi douze paniers…
Et tout un peuple libéré
Toute une armée…
Un peuple de douze tribus retrouvées
Qui pouvait maintenant parler
Se lever, marcher, témoigner…

La Bonne Nouvelle

s’était multipliée
Le Règne de Dieu était enfin arrivé!

Qu’allait-il maintenant se passer?

Que va-t-il maintenant se passer?
Peut-on finalement reculer
L’horloge de l’Horloger?
Peut-on faire taire ce qui fut éveillé?
«Ne craignez pas!»
Qu’il avait dit… «Parlez!»

Yolande Girard

 

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16 juin 2008

Le grain de blé

Et si nous écrivions l'histoire du grain de blé...

" Le grain de blé est parfaitement heureux dans son grenier. Il ne pleut pas dans le grenier. Il n'y a pas d'humidité. Et les petits copains du grain de blé sont bien gentils ; il n'y a pas de bagarre entre eux. Il est heureux, très heureux. "

Par comparaison à ce que nous appelons le bonheur, c'est-à-dire la santé, la fortune... il est heureux. Mais remarquez que c'est un petit bonheur de grain de blé dans un grenier. Je le dis doucement parce qu'il ne faut pas mépriser le bonheur humain. J'ai le droit de travailler à ma santé, à l'aisance et à tout cela. Rien de méprisable en tout cela. Mais par rapport à ce qu'il doit être, c'est un petit bonheur. J'aime beaucoup l'expression "au petit bonheur". Nous marchons en cherchant le petit bonheur.

En écrivant, vous imaginerez que ce grain de blé est très pieux et qu'il remercie Dieu en disant : " Seigneur, je te remercie pour toutes tes grâces : il ne pleut pas, il n'y a pas d'humidité, je suis bien tranquille, c'est parfait. Merci Seigneur. "

En faisant cette prière, le grain de blé s'adresse à un Dieu qui n'existe pas. Il s'adresse à une idole. Un Dieu qui serait le père et le garant d'un petit bonheur dans un grenier, ou qui serait l'auteur et le garant de la bonne santé des hommes, de leur aisance et de leur fortune. Ce Dieu là n'existe pas. N'allons pas nous mettre à genoux devant une idole. Le Dieu qui existe est celui qui va transformer le grain pour qu'il devienne ce pour quoi il existe, c'est-à-dire, un épi.

Mais continuons notre rédaction :
" Un jour, on charge le tas de blé sur une charrette, puis on sort dans la campagne. C'est encore bien mieux que dans le grenier, c'est merveilleux : le ciel bleu, les oiseaux, les fleurs... Mais le grain est toujours un grain. Il n'est pas transformé. Pieusement, il loue Dieu de plus belle :
'La vie, c'est encore beaucoup plus beau que je ne pensais, c'est formidable. Merci, Seigneur' ".

Il s'agit toujours d'un Dieu qui n'existe pas. Bien sûr, vous pouvez nuancer ce jugement, car ce Dieu existe aussi et j'ai bien le droit de louer Dieu pour ma joie et mon bonheur ici-bas. Je dois même le faire, à condition que je m'adresse au vrai Dieu. Or, le vrai Dieu, c'est celui qui va venir maintenant.

" On arrive sur la terre fraîchement labourée, on verse le tas de blé sur le sol et puis on l'enfonce dans la terre. A ce moment-là, le grain de blé sur le sol n'y comprend plus rien. Comme on dit autour de nous :
'Si Dieu existait, de telles choses n'arriveraient pas.'
Et notre petit grain se met à regretter le bonheur de son grenier, il se sent mourir, l'humidité le pénètre jusqu'au centre, il se dissout ".

C'est à se demander, à ce moment-là, si la vie n'est pas purement et simplement absurde.

" Quelques semaines plus tard c'est la moisson, et le grain est devenu un bel épi, et c'est pour cela qu'il existait. "

François Varillon sj
Extrait de " Vivre le christianisme ".

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10 mai 2008

Eteindre l'Esprit?

Avril_2008_008

En ces jours de repos prolongé... avec Maurice Zundel essayons d'avancer sur la compréhension de l'Esprit Saint.

Je est un autre p 46-49 MauriceZundel

« Rien n’empêche d’admettre, dans cette perspective, que le Dieu intérieur, caché en nous, soit aussi le Dieu créateur, mais d’un univers qui, pour l’essentiel, n’est pas encore, d’un univers qui n’a pas encore atteint ses vraies dimensions, d’un univers jusqu’ici embryonnaire et qui ne pourra s’achever, en avant de nous, que si l’homme et les autres créatures douées d’intelligence, où qu’elles se trouvent (dans ce même univers), accomplissent leur vocation et ferment l’anneau d’or des fiançailles éternelles, en disant oui au Oui éternel qui est Dieu même.

Le Dieu intérieur, le Dieu sensible au cœur comme dit Pascal, est le seul vrai Dieu. Rien ne s’oppose à ce qu’il soit le créateur de tout l’univers, à condition de voir dans la création une histoire à deux, qui ne peut s’achever sans le concours des créatures intelligentes, parce que le sens même de l’univers est l’Amour. Et là où il y a refus, l’Amour qui est Dieu ne peut qu’échouer, sans évidemment cesser, pour autant, d’être l’Amour éternellement présent, éternellement offert.

C’est pourquoi, finalement, la seule réponse adéquate au scandale du mal, c’est l’agonie et la crucifixion de Jésus Christ. C’est en lui, en effet, que s’exprime, comme un sacrement visible, cette mystérieuse fragilité de Dieu, qui est certes tout-puissant dans l’ordre de l’amour, qui peut tout ce que peut l’amour, mais qui ne peut rien de ce que ne peut l’amour. Il ne peut donc jamais nous contraindre, nous humilier, nous blesser, nous rejeter.

Il ne peut être, encore une fois, qu’un don éternellement offert. Et s’il en est ainsi, on peut concevoir que Dieu soit la première victime du mal. On peut même dire que plus le mal est scandaleux, plus il apparaît que Dieu est la première victime du mal.

Aussi bien, si l’on peut estimer, avec Malraux, que déshonorer l’homme et bafouer son inviolabilité est, dans la réalité de notre histoire, la pire agression et le mal absolu, c’est dans la mesure où l’on pressent que l’homme est le sanctuaire d’une Présence infinie, qui consacre sa dignité et fonde son inviolabilité.

Si le respect de l’homme doit s’imposer en nous, en effet, c’est précisément parce que, dans notre expérience, le destin de l’homme est inséparable du destin de Dieu : le règne de Dieu ne pouvant se réaliser concrètement que par le rayonnement de

la Présence

divine à travers une vie humaine transfigurée.

Et c’est pourquoi il est vrai de dire qu’il n’y aurait pas de mal finalement, pas de mal absolu en tout cas, sans Dieu. C’est parce que Dieu est que le mal peut avoir ce visage monstrueux, insoutenable et scandaleux comme le viol d’une Valeur infinie. Aussi bien voyons-nous qu’à travers toutes les douleurs humaines, à travers les maladies, la folie, la mort même, la vie peut se récupérer et s’éclairer dans le rayonnement de l’amour, et il arrive en effet que ce soient précisément les infirmes, les être voués à la souffrance, qui donnent à la vie son visage le plus noble et le plus beau.

Mais lorsque la perversité triomphe, lorsque l’homme se déshonore ou déshonore les autres, en méprisant en soi ou en eux cette dignité incommensurable que lui communique

la Présence

infinie, alors le mal atteint son sommet parce que la plus haute Valeur est trahie, qui est Dieu en nous.

C’est sans doute la prise de conscience de cette identification de l’homme avec Dieu et de Dieu avec l’homme qui a provoqué dans une tradition mystique et liturgique du christianisme, une attitude de compassion envers Dieu : saint François d’Assise a pleuré près de vingt ans sur

la Passion

du Seigneur, jusqu’à en perdre la vue.

Comment le comprendre, si ce plus parfait des chrétiens n’avait pas éprouvé que Dieu est victime en nous, par nous, pour nous ? Rien ne me paraît plus émouvant que cette ligne de spiritualité qui perçoit dans le mal, dans tout mal, une souffrance divine et qui s’efforce d’y remédier par un attachement d’autant plus grand à Dieu et à l’homme solidaire de Dieu. Aussi bien, qui a été plus compatissant que saint François pour les hommes, pour les animaux, pour toute la création, qui en a plus fraternellement ressenti la douleur, qui en a mieux chanté la résurrection ? Il n’y a aucun doute que cette méditation, aussi sommaire qu’elle soit, du mystère du mal nous amène à découvrir plus profondément le Dieu intérieur qui est

la Vie

de notre vie, ce Dieu fragile et désarmé qui nous attend au plus intime de nous et qui nous est confié en nous, en autrui et dans tout l’univers.

Le mal, comme le bien, a finalement une mesure infinie dont la croix est le symbole, la croix qui nous révèle l’immensité de la vie humaine, mesurée à la vie même de Dieu, immolée, pour elle. Comment ne pas comprendre, en face de la croix, que Dieu nous appelle à être des créateurs, qu’il ne peut, sans nous, transparaître dans notre histoire, que la création de l’univers est une histoire à deux, une histoire d’amour, qui ne peut s’achever que si nous achevons en nous notre propre création, en entrant pleinement dans le mariage d’amour qu’il veut contracter en nous.

En dehors de tout cri, si nous songeons dans le silence de nous-mêmes, que nous portons en nous une Présence, une Valeur infinie, et que c’est justement le fait de la méconnaître volontairement, en nous ou dans les autres, qui constitue le mal absolu, comme notre regard sur la vie en sera transformé !

Tous les maux finiraient par s’éclairer et par se résorber si nous évitions, si nous surmontions le mal suprême qui est, en même temps, le refus de nous faire homme et le refus, au moins implicite, de

la Présence

unique qui est le seul chemin vers nous-mêmes. Mille fois par jour nous risquons d’abîmer la vie en nous et dans les autres, de faire écran à la lumière et à la joie et d’empêcher les autres de découvrir l’Amour qui les attend au plus intime d’eux-mêmes. Mille fois par jour nous risquons « d’éteindre l’Esprit », comme dit saint Paul (1 Th 5, 19), c'est-à-dire d’effacer Dieu. »

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17 février 2008

Un week-end de joie

Simplement un tête à tête avec ma petite fille du samedi après midi au dimanche midi. De grands moments de joie et de tendresse...

J'ai pris quelques photos: je les mettrai à la demande de ma fille.

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10 février 2008

De retour suite

Journée de travail: beaucoup de corrections...
Remplir des tableaux et voir grâce aux couleurs qu'il y a pas mal de vert (c'est acquis). Je devrai être heureuse mais je vois toujours les même noms dans le rouge... Qu'inventer pour leur permettre de passer au vert?
Je ne sers à rien s'ils ne progressent pas!
Voila où j'en suis de ma réflexion... ce soir.

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09 février 2008

De retour?

Cela fait un certain temps que je me fais silence et pourtant ma vie n'est pas silencieuse...
Désir de silence qui se fait peut être écoute... espérons-le!
Toujours grand mère d'une petite Maëlle qui grandit sans trop de problèmes: je n'abuse pas trop par ma présence... J'accours au galop quand il faut la garder et c'est toujours pour moi un grand plaisir.
Toujours "instit" en CM2 et ce métier me prend beaucoup de temps.
Toujours maman avec des moments forts de complicité avec Emmanuelle la maman de Maëlle.
Toujours "pieuse" comme dirait mes enfants. En ce moment "retraite dans la ville" et un forum sur l'Evangile sur le site Domuni nourrissent ce côté "pieux".
C'est tout pour aujourd'hui!

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16 novembre 2007

Cet amour

Cet amour

 

Cet amour

Si violent

Si fragile

Si tendre

Si désespéré

Cet amour

Beau comme le jour

Et mauvais comme le temps

Quand le temps est mauvais

Cet amour si vrai

Cet amour si beau

Si heureux

Si joyeux

Et si dérisoire

Tremblant de peur comme un enfant dans le noir

Et si sûr de lui

Comme un homme tranquille au milieu de la nuit

Cet amour qui faisait peur aux autres

Qui les faisait parler

Qui les faisait blêmir

Cet amour guetté

Parce que nous le guettions

Traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié

Cet amour tout entier

Si vivant encore

Et tout ensoleillé

C’est le tien

C’est le mien

Celui qui a été

Cette chose toujours nouvelle

Et qui n’a pas changé

Aussi vraie qu ‘une plante

Aussi tremblante qu’un oiseau

Aussi chaude aussi vivante que l’été

Nous pouvons tous les deux

Aller et revenir

Nous pouvons oublier

Et puis nous rendormir

Nous réveiller souffrir vieillir

Nous endormir encore

Rêver de la mort

Nous éveiller sourire et rire

Et rajeunir

Notre amour reste là

Têtu comme une bourrique

Vivant dans le désir

Cruel comme la mémoire

Bête comme les regrets

Tendre comme le souvenir

Froid comme le marbre

Beau comme le jour

Fragile comme un enfant

Il nous regarde en souriant

Et il nous parle sans rien dire

Et moi je l’écoute en tremblant

Et je crie

Je crie pour toi

Je crie pour moi

Je te supplie

Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment

Et qui se sont aimés

Oui je lui crie

Pour toi pour moi et pour tous les autres

Que je ne connais pas

Reste là

Ne bouge pas

Ne t’en va pas

Nous qui sommes aimés

Nous t’avons oublié

Toi ne nous oublies pas

Nous n’avions que toi sur la terre

Ne nous laisse pas devenir froids

Beaucoup plus loin toujours

Et n’importe où

Donne-nous signe de vie

Beaucoup plus tard au coin d’un bois

Dans la forêt de la mémoire

Surgis soudain

Tends-nous la main

Et sauve-nous.

 

Jacques Prévert

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16 septembre 2007

Joie

Oui 48 heures seule avec ma petite fille. Ce n'est que du bonheur. Ma plus belle récompense c'est quand ce soir toute à la joie de revoir ses parents elle me tendait les bras pour que je la prenne. Oh très vite elle revenait dans les bras de ma fille mais j'étais là avec eux. Grand moment aussi avec Pierre, le papa, le gendre... qui me raccompagnait et qui prenait le temps par cette belle soirée de passer par les plus beaux coins de Paris pour les partager avec moi...Joie aussi de retrouver le grand père qui m'attendait avec impatience... et oui je suis attendue ... C'est étonnant et cela montre que l'amour est éternel... Le 3 octobre nous fêterons un anniversaire de mariage... Lequel je n'en sais plus rien... C'était hier pourtant!

Posté par Agrand à 21:19 - La vie de famille - Commentaires [0] - Permalien [#]



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