17 février 2009
Qu'est-ce qu'un prêtre?
P. Scholtus : "Un
prêtre n'est pas une assistante sociale, mais un soldat de Dieu"
Le supérieur du Séminaire des Carmes, à Paris, imagine
pour « La Croix
L’autre nuit, j’ai fait un rêve, un
mauvais rêve, un cauchemar « négationniste » : Vatican II n’avait pas eu lieu !
la
Tradition
Voilà ce que m’explique, en songe, un jeune prélat qu’on m’a présenté comme le
plus éminent représentant de
Pour mon interlocuteur, les réformes n’ont jamais existé que dans la tête de
quelques « apostats idolâtres soupçonnés d’intelligence avec l’ennemi
judéo-maçonnique ». D’ailleurs, je dois en être puisqu’on m’a assigné à
résidence dans un endroit qui ressemble à un cloître. J’y vois passer des
ombres tonsurées. J’entends parler latin. Je ne sais pas ce qui m’attend.
Laxisme et démagogie
Je me retrouve devant un évêque que je ne
connais pas. Sur son bureau, la dernière édition du Nouvel Intransigeant
et un livre de Maurras passablement fatigué. Tout en jouant avec l’énorme
améthyste qu’il porte à l’annulaire droit, sur un ton d’onctueuse dureté, ce
dignitaire m’expose les motifs de ma relégation : l’insistance déplacée avec
laquelle j’aurais commenté dans mes prêches les Béatitudes et le Magnificat ;
mon amitié suspecte pour le rabbin Rosenstock et le pasteur Morel, et
l’imprudente proposition que j’ai faite de créer dans le diocèse des instances
de dialogue avec les incroyants, les musulmans, les scientifiques ; mon usage
abusif de la langue vernaculaire qui a fini par détourner les fidèles des
Mystères sacrés ; la manière irresponsable que j’ai eue de les inciter à « lire
les signes des temps », à s’exprimer et à débattre, à se former et à devenir
des chrétiens adultes.
Il m’a aussi accusé de laxisme et de démagogie : je manquerais particulièrement
de netteté dans la dénonciation, je laisserais penser que l’amour prime sur la
vérité, que la miséricorde vaut mieux que la loi. Il a fini par me dire : «
Sachez, Monsieur l’abbé, qu’un prêtre n’est pas une assistante sociale, mais un
soldat de Dieu. »
À ce moment, je me suis réveillé en sueur et en sursaut, heureux de n’avoir pas
eu le temps de me laisser intimider. Heureux surtout d’être là, en communion
avec l’Église que j’aime et que, si le Concile n’avait pas eu lieu, j’aurais
sans doute désertée, préférant me mêler aux effervescences du siècle plutôt que
d’avoir à moisir dans une Église-citadelle qui n’aurait aujourd’hui plus rien
d’autre à attendre que la visite des ethnologues et des folkloristes de l’École
des hautes études en sciences sociales. Si le deuxième concile du Vatican
n’avait pas eu lieu, j’aurais peut-être même été tenté de fomenter un schisme…
sans pouvoir espérer qu’une main me soit un jour tendue en vue de ma
réintégration.
Encore moins de vie, encore moins d’espérance
la Tradition.
Je
Une chose est sûre : s’il n’y avait pas eu un
Concile pour le désensabler, je n’aurais pas pu me baigner dans le fleuve
profond de
Des mots qui suffisent à faire comprendre que si le Concile n’avait pas eu
lieu, il y aurait sur cette terre encore moins de fraternité, encore moins de
vie, encore moins d’espérance. L’Église serait aujourd’hui coupable de manquer
à ce monde auquel elle est redevable de l’amitié de Dieu et de la lumière du
Christ.
Voilà, c’est dit. Mais plutôt que de devenir un intégriste de Vatican II, comme
nous y pousseraient insidieusement les traditionalistes, j’ai pris la
résolution de tenir le cap que je me suis fixé : être résolument un
contemporain. « Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau
de ténèbres qui provient de son temps. » La citation est de Giorgio Agamben, un
de ces philosophes incroyants d’autant plus dangereux qu’il a lu les Pères de
l’Église, et qui aurait eu toutes les chances d’être mis à l’Index… si Vatican
II n’avait pas eu lieu.
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P.
Robert SCHOLTUS |
18 octobre 2008
Les hommes sont des cadeaux
Du moins ainsi pensait Jésus : " Père, je veux que ceux que tu m'as donnés
soient là où je serai... "
Je partage l'avis de Jésus et je veux que ceux que le Père m'a donnés soient là
où je serai.
Les gens sont des cadeaux que le Père a enveloppés pour nous les envoyer.
Certains sont magnifiquement enveloppés.
Ils sont très attrayants dès le premier abord.
D'autres sont enveloppés de papier très ordinaire.
D'autres ont été malmenés par la poste.
Il arrive parfois qu'il y ait une "distribution spéciale".
Certains sont des cadeaux dont l'emballage laisse à désirer ;
d'autres dont l'emballage est bien fait.
Mais l'emballage n'est pas le cadeau !
C'est si facile de faire une erreur et nous rions quand les enfants prennent
l'un pour l'autre.
Parfois le cadeau est difficile à ouvrir. Il faut se faire aider.
Peut-être parce que les autres ont peur ?
Parce que ça fait mal ?
Ils ont peut-être déjà été ouverts et rejetés !
Ou se pourrait-il que le cadeau ne me soit pas destiné ?
Je suis une personne et donc, moi aussi, je suis un cadeau !
Un cadeau pour moi-même d'abord.
Le Père m'a donné à moi-même.
Ai-je été regarder à l'intérieur de l'emballage ?
Ai-je peur de le faire ?
Peut-être ai-je jamais accepté le cadeau que je suis...
Pourrait- il se faire qu'il y ait à l'intérieur quelque chose de différent de
ce que j'imagine ?
Je n'ai peut-être jamais vu le cadeau merveilleux que je suis.
Les cadeaux du Père pourraient-ils être autre chose que magnifiques ?
J'aime les cadeaux que je reçois de ceux qui m'aiment,
pourquoi pas les cadeaux du Père ?
Je suis un cadeau pour les autres.
Est-ce que j'accepte d'être donné par le Père aux autres ?
Un homme pour les autres ?
Les autres doivent-ils se contenter de l'emballage ?
Sans jamais pouvoir apprécier le cadeau ?
Toutes les rencontres sont des échanges de cadeaux.
Mais un cadeau sans quelqu'un qui le donne n'est pas un cadeau ;
c'est une chose privée des liens avec celui qui le donne ou celui qui le
reçoit.
L'amitié est une relation entre les personnes qui se voient comme elles en
vérité...
Les cadeaux du Père les uns envers les autres, pour les autres, pour des frères
!
Un ami est un cadeau pas seulement pour moi, mais aussi pour les autres à
travers moi.
Quand je regarde mon ami, quand je me l'approprie, je détruis sa nature de
cadeau.
Si je le mets de côté pour moi, c'est alors que je le perds ;
si je le donne aux autres, je le garde.
Les gens sont des cadeaux reçus ou donnés...
comme le Fils.
L'amitié est une réponse de personnes - cadeaux au Père qui donne.
L'amitié est Eucharistie, action de grâce !
Georges B. Wintemann
Les pains et les poissons (Mc 6,30-44)
Les pains et les poissons (Mc 6,30-44)
(Voir aussi Matt 14.13-21 Luc
9.10-17 Jean 6.1-14
6 30 Les
apôtres revinrent auprès de Jésus et lui racontèrent tout ce qu'ils avaient
fait et enseigné. 31 Cependant, les gens qui
allaient et venaient étaient si nombreux que Jésus et ses disciples n'avaient
même pas le temps de manger. C'est pourquoi il leur dit : « Venez
avec moi dans un endroit isolé pour vous reposer un moment. » 32 Ils partirent donc dans la barque, seuls, vers
un endroit isolé. 33 Mais beaucoup de gens
les virent s'éloigner et comprirent où ils allaient ; ils accoururent
alors de toutes les localités voisines et arrivèrent à pied à cet endroit avant
Jésus et ses disciples.
34 Quand
Jésus sortit de la barque, il vit cette grande foule ; son cœur fut rempli
de pitié pour ces gens, parce qu'ils ressemblaient à un troupeau sans berger . Et il se mit à leur enseigner
beaucoup de choses. 35 Il était déjà tard,
lorsque les disciples de Jésus s'approchèrent de lui et lui dirent :
« Il est déjà tard et cet endroit est isolé. 36
Renvoie ces gens pour qu'ils aillent dans les fermes et les villages des
environs acheter de quoi manger. » 37 Jésus
leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Mais
ils lui demandèrent : « Voudrais-tu que nous allions dépenser deux
cents pièces d'argent
pour acheter du pain et leur donner à manger ? » 38 Jésus leur dit : « Combien avez-vous
de pains ? Allez voir. » Ils se renseignèrent et lui dirent :
« Nous avons cinq pains, et aussi deux poissons. » 39 Alors, Jésus leur donna l'ordre de faire
asseoir tout le monde, par groupes, sur l'herbe verte. 40
Les gens s'assirent en rangs de cent et de cinquante. 41 Puis Jésus prit les cinq pains et les deux
poissons, leva les yeux vers le ciel et remercia Dieu. Il rompit les pains et
les donna aux disciples pour qu'ils les distribuent aux gens. Il partagea aussi
les deux poissons entre eux tous. 42 Chacun
mangea à sa faim. 43 Les disciples
emportèrent les morceaux de pain et de poisson qui restaient, de quoi remplir
douze corbeilles . 44 Ceux qui avaient mangé les pains étaient au
nombre de cinq mille hommes.
Il y avait la foule…
Et puis la faim…
Une si grande faim…
Et puis, il y a avait des pains…
Un avoir à donner
Un savoir à énoncer
Une Parole à goûter!
Il y avait la foule
Et, devant la foule
Deux poissons…
Deux, comme les disciples envoyés
Deux êtres
Disponible et ouverts
Deux êtres prêchant
Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur
Deux êtres témoignant
De Lui avec ferveur
« Donnez-leur vous-même à manger! »
Qu’il avait dit…
Peut-être y avait-il en ce temps-là
Des femmes… des Marie de Magdala
Dont on a fait une prostituée
Des Marthe, des Phoebé
Des femmes inspirées
Qu’on aurait ensuite éclipsées.
On avait une religion à fonder
Le témoignage devait être juridiquement accepté
Il y avait la foule…
Et il avait dit : «Donnez…
«N’ayez pas peur… donnez…
Ne gardez pas
Ne thésaurisez pas
Donnez…
Perdez le sens de la propriété privée
De l’appropriation pour soi,
Le sens de nos droits!
Qui est l’auteur de ce que vous dites?
Qu’est-ce qu’un ministère?
Tout ne vous échappe-t-il pas?
Par où dont le vent a-t-il soufflé?
Il y avait la foule… La Bonne Nouvelle
Mais il y avait aussi douze paniers…
Et tout un peuple libéré
Toute une armée…
Un peuple de douze tribus retrouvées
Qui pouvait maintenant parler
Se lever, marcher, témoigner…
Le Règne de Dieu était enfin arrivé!
Qu’allait-il maintenant se passer?
Que va-t-il maintenant se passer?
Peut-on finalement reculer
L’horloge de l’Horloger?
Peut-on faire taire ce qui fut éveillé?
«Ne craignez pas!»
Qu’il avait dit… «Parlez!»

16 juin 2008
Le grain de blé
Et si nous écrivions l'histoire du grain de blé...
" Le grain de blé est parfaitement heureux dans son grenier. Il ne pleut pas dans le grenier. Il n'y a pas d'humidité. Et les petits copains du grain de blé sont bien gentils ; il n'y a pas de bagarre entre eux. Il est heureux, très heureux. "
Par comparaison à ce que nous appelons le bonheur, c'est-à-dire la santé, la fortune... il est heureux. Mais remarquez que c'est un petit bonheur de grain de blé dans un grenier. Je le dis doucement parce qu'il ne faut pas mépriser le bonheur humain. J'ai le droit de travailler à ma santé, à l'aisance et à tout cela. Rien de méprisable en tout cela. Mais par rapport à ce qu'il doit être, c'est un petit bonheur. J'aime beaucoup l'expression "au petit bonheur". Nous marchons en cherchant le petit bonheur.
En écrivant, vous imaginerez que ce grain de blé est très pieux et qu'il remercie Dieu en disant : " Seigneur, je te remercie pour toutes tes grâces : il ne pleut pas, il n'y a pas d'humidité, je suis bien tranquille, c'est parfait. Merci Seigneur. "
En faisant cette prière, le grain de blé s'adresse à un Dieu qui n'existe pas. Il s'adresse à une idole. Un Dieu qui serait le père et le garant d'un petit bonheur dans un grenier, ou qui serait l'auteur et le garant de la bonne santé des hommes, de leur aisance et de leur fortune. Ce Dieu là n'existe pas. N'allons pas nous mettre à genoux devant une idole. Le Dieu qui existe est celui qui va transformer le grain pour qu'il devienne ce pour quoi il existe, c'est-à-dire, un épi.
Mais continuons notre rédaction :
" Un jour, on charge le tas de blé sur une charrette, puis on sort dans la campagne. C'est encore bien mieux que dans le grenier, c'est merveilleux : le ciel bleu, les oiseaux, les fleurs... Mais le grain est toujours un grain. Il n'est pas transformé. Pieusement, il loue Dieu de plus belle :
'La vie, c'est encore beaucoup plus beau que je ne pensais, c'est formidable. Merci, Seigneur' ".
Il s'agit toujours d'un Dieu qui n'existe pas. Bien sûr, vous pouvez nuancer ce jugement, car ce Dieu existe aussi et j'ai bien le droit de louer Dieu pour ma joie et mon bonheur ici-bas. Je dois même le faire, à condition que je m'adresse au vrai Dieu. Or, le vrai Dieu, c'est celui qui va venir maintenant.
" On arrive sur la terre fraîchement labourée, on verse le tas de blé sur le sol et puis on l'enfonce dans la terre. A ce moment-là, le grain de blé sur le sol n'y comprend plus rien. Comme on dit autour de nous :
'Si Dieu existait, de telles choses n'arriveraient pas.'
Et notre petit grain se met à regretter le bonheur de son grenier, il se sent mourir, l'humidité le pénètre jusqu'au centre, il se dissout ".
C'est à se demander, à ce moment-là, si la vie n'est pas purement et simplement absurde.
" Quelques semaines plus tard c'est la moisson, et le grain est devenu un bel épi, et c'est pour cela qu'il existait. "
François Varillon sj
Extrait de " Vivre le christianisme ".
10 mai 2008
Eteindre l'Esprit?
En ces jours de repos prolongé... avec Maurice Zundel essayons d'avancer sur la compréhension de l'Esprit Saint.
Je est un autre p 46-49 MauriceZundel
« Rien n’empêche d’admettre, dans cette perspective, que le Dieu intérieur, caché en nous, soit aussi le Dieu créateur, mais d’un univers qui, pour l’essentiel, n’est pas encore, d’un univers qui n’a pas encore atteint ses vraies dimensions, d’un univers jusqu’ici embryonnaire et qui ne pourra s’achever, en avant de nous, que si l’homme et les autres créatures douées d’intelligence, où qu’elles se trouvent (dans ce même univers), accomplissent leur vocation et ferment l’anneau d’or des fiançailles éternelles, en disant oui au Oui éternel qui est Dieu même.
Le Dieu intérieur, le Dieu sensible au cœur comme dit Pascal, est le seul vrai Dieu. Rien ne s’oppose à ce qu’il soit le créateur de tout l’univers, à condition de voir dans la création une histoire à deux, qui ne peut s’achever sans le concours des créatures intelligentes, parce que le sens même de l’univers est l’Amour. Et là où il y a refus, l’Amour qui est Dieu ne peut qu’échouer, sans évidemment cesser, pour autant, d’être l’Amour éternellement présent, éternellement offert.
C’est pourquoi, finalement, la seule réponse adéquate au scandale du mal, c’est l’agonie et la crucifixion de Jésus Christ. C’est en lui, en effet, que s’exprime, comme un sacrement visible, cette mystérieuse fragilité de Dieu, qui est certes tout-puissant dans l’ordre de l’amour, qui peut tout ce que peut l’amour, mais qui ne peut rien de ce que ne peut l’amour. Il ne peut donc jamais nous contraindre, nous humilier, nous blesser, nous rejeter.
Il ne peut être, encore une fois, qu’un don éternellement offert. Et s’il en est ainsi, on peut concevoir que Dieu soit la première victime du mal. On peut même dire que plus le mal est scandaleux, plus il apparaît que Dieu est la première victime du mal.
Aussi bien, si l’on peut estimer, avec Malraux, que déshonorer l’homme et bafouer son inviolabilité est, dans la réalité de notre histoire, la pire agression et le mal absolu, c’est dans la mesure où l’on pressent que l’homme est le sanctuaire d’une Présence infinie, qui consacre sa dignité et fonde son inviolabilité.
Si le respect de l’homme doit s’imposer en nous, en effet, c’est précisément parce que, dans notre expérience, le destin de l’homme est inséparable du destin de Dieu : le règne de Dieu ne pouvant se réaliser concrètement que par le rayonnement de la Présence
Et c’est pourquoi il est vrai de dire qu’il n’y aurait pas de mal finalement, pas de mal absolu en tout cas, sans Dieu. C’est parce que Dieu est que le mal peut avoir ce visage monstrueux, insoutenable et scandaleux comme le viol d’une Valeur infinie. Aussi bien voyons-nous qu’à travers toutes les douleurs humaines, à travers les maladies, la folie, la mort même, la vie peut se récupérer et s’éclairer dans le rayonnement de l’amour, et il arrive en effet que ce soient précisément les infirmes, les être voués à la souffrance, qui donnent à la vie son visage le plus noble et le plus beau.
Mais lorsque la perversité triomphe, lorsque l’homme se déshonore ou déshonore les autres, en méprisant en soi ou en eux cette dignité incommensurable que lui communique la Présence
C’est sans doute la prise de conscience de cette identification de l’homme avec Dieu et de Dieu avec l’homme qui a provoqué dans une tradition mystique et liturgique du christianisme, une attitude de compassion envers Dieu : saint François d’Assise a pleuré près de vingt ans sur la Passion
Comment le comprendre, si ce plus parfait des chrétiens n’avait pas éprouvé que Dieu est victime en nous, par nous, pour nous ? Rien ne me paraît plus émouvant que cette ligne de spiritualité qui perçoit dans le mal, dans tout mal, une souffrance divine et qui s’efforce d’y remédier par un attachement d’autant plus grand à Dieu et à l’homme solidaire de Dieu. Aussi bien, qui a été plus compatissant que saint François pour les hommes, pour les animaux, pour toute la création, qui en a plus fraternellement ressenti la douleur, qui en a mieux chanté la résurrection ? Il n’y a aucun doute que cette méditation, aussi sommaire qu’elle soit, du mystère du mal nous amène à découvrir plus profondément le Dieu intérieur qui est la Vie
Le mal, comme le bien, a finalement une mesure infinie dont la croix est le symbole, la croix qui nous révèle l’immensité de la vie humaine, mesurée à la vie même de Dieu, immolée, pour elle. Comment ne pas comprendre, en face de la croix, que Dieu nous appelle à être des créateurs, qu’il ne peut, sans nous, transparaître dans notre histoire, que la création de l’univers est une histoire à deux, une histoire d’amour, qui ne peut s’achever que si nous achevons en nous notre propre création, en entrant pleinement dans le mariage d’amour qu’il veut contracter en nous.
En dehors de tout cri, si nous songeons dans le silence de nous-mêmes, que nous portons en nous une Présence, une Valeur infinie, et que c’est justement le fait de la méconnaître volontairement, en nous ou dans les autres, qui constitue le mal absolu, comme notre regard sur la vie en sera transformé !
Tous les maux finiraient par s’éclairer et par se résorber si nous évitions, si nous surmontions le mal suprême qui est, en même temps, le refus de nous faire homme et le refus, au moins implicite, de la Présence
17 février 2008
Un week-end de joie
Simplement un tête à tête avec ma petite fille du samedi après midi au dimanche midi. De grands moments de joie et de tendresse...
J'ai pris quelques photos: je les mettrai à la demande de ma fille.
10 février 2008
De retour suite
Journée de travail: beaucoup de corrections...
Remplir des tableaux et voir grâce aux couleurs qu'il y a pas mal de vert (c'est acquis). Je devrai être heureuse mais je vois toujours les même noms dans le rouge... Qu'inventer pour leur permettre de passer au vert?
Je ne sers à rien s'ils ne progressent pas!
Voila où j'en suis de ma réflexion... ce soir.
09 février 2008
De retour?
Cela fait un certain temps que je me fais silence et pourtant ma vie n'est pas silencieuse...
Désir de silence qui se fait peut être écoute... espérons-le!
Toujours grand mère d'une petite Maëlle qui grandit sans trop de problèmes: je n'abuse pas trop par ma présence... J'accours au galop quand il faut la garder et c'est toujours pour moi un grand plaisir.
Toujours "instit" en CM2 et ce métier me prend beaucoup de temps.
Toujours maman avec des moments forts de complicité avec Emmanuelle la maman de Maëlle.
Toujours "pieuse" comme dirait mes enfants. En ce moment "retraite dans la ville" et un forum sur l'Evangile sur le site Domuni nourrissent ce côté "pieux".
C'est tout pour aujourd'hui!
16 novembre 2007
Cet amour
Cet amour
Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le
temps
Quand le temps est
mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme
un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme
tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait
peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le
guettions
Traqué blessé piétiné
achevé nié oublié
Parce que nous l’avons
traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours
nouvelle
Et qui n’a pas changé
Aussi vraie qu ‘une
plante
Aussi tremblante qu’un oiseau
Aussi chaude aussi
vivante que l’été
Nous pouvons tous les
deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir
vieillir
Nous endormir encore
Rêver de la mort
Nous éveiller sourire
et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une
bourrique
Vivant dans le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le
souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en
souriant
Et il nous parle sans
rien dire
Et moi je l’écoute en
tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et
pour tous ceux qui s’aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et
pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Ne bouge pas
Ne t’en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t’avons oublié
Toi ne nous oublies pas
Nous n’avions que toi
sur la terre
Ne nous laisse pas
devenir froids
Beaucoup plus loin
toujours
Et n’importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au
coin d’un bois
Dans la forêt de la
mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.
Jacques Prévert
16 septembre 2007
Joie
Oui 48 heures seule avec ma petite fille. Ce n'est que du bonheur. Ma plus belle récompense c'est quand ce soir toute à la joie de revoir ses parents elle me tendait les bras pour que je la prenne. Oh très vite elle revenait dans les bras de ma fille mais j'étais là avec eux. Grand moment aussi avec Pierre, le papa, le gendre... qui me raccompagnait et qui prenait le temps par cette belle soirée de passer par les plus beaux coins de Paris pour les partager avec moi...Joie aussi de retrouver le grand père qui m'attendait avec impatience... et oui je suis attendue ... C'est étonnant et cela montre que l'amour est éternel... Le 3 octobre nous fêterons un anniversaire de mariage... Lequel je n'en sais plus rien... C'était hier pourtant!



