27 mai 2007
Le roman: Le Mystère Darck Prologue
LE MYSTERE DARK
Classe
des CM2 A
Ecole SAINT-JOSEPH
PANTIN
9
juin 2007
sous
la direction de Sylvie Hennequin
classe
de Madame Annik GRAND
documentation
animée par Madame Houayda GABTNI
Charles est heureux. Il vient de recevoir un microscope de
sa grand-mère comme cadeau de Noël. Ce cadeau est le plus beau de tous les
cadeaux, il en rêvait depuis des mois. Il va enfin pouvoir observer sa
collection de papillons.
- À quoi pensez-vous ? dit Charles à sa
grand-mère songeuse.
- La vie est étrange et les apparences
trompeuses... Je vais te raconter une histoire, mais promets-moi de ne rien
dire jusqu’à la fin.
- Promis, dit Charles intrigué.
- Tout a commencé à Londres, quand
Madeleine a rencontré Léonard l’année de
ses vingt ans. Elle habitait tout près de Marble Arch, dans un immeuble moderne
qu’elle avait eu la chance de trouver. C’était un des premiers appartements
avec un ascenseur, l’eau courante et le gaz à tous les étages. Et tu imagines,
une salle de bains avec une baignoire et des robinets ! Quel luxe !
Enfin elle retrouvait le faste de son enfance en Inde.
- En Inde ?
- Chut ... Écoute sans rien dire, tu m’as
promis. Cette année-là, Léonard venait d’être chargé d’enquêter sur un meurtre
figure-toi...
- Un meurtre ?
- Oui....
Le roman
Le tableau choisi par les enfants au tout début de notre aventure avec Sylvie fut celui de Gustave Caillebote... Temps de pluie sur la place de l'Europe...Ce tableau nous permit de choisir le temps: le 19 ème siècle...
En histoire nous en étions à cette époque, au temps des colonies et certainement tout cela a nourri l'imaginaire de la classe...
Six mois d'imagination, d'écriture et notre roman est maintenant chez Michel qui se charge de le mettre en pages, d'inclure les illustrations, de l'éditer...
Nous devrions pouvoir le proposer à la fête de l'école le 9 juin. Ecrire est une belle aventure: nous avons eu un immense plaisir à participer à l'engendrement de ce livre. Une question toutefois: comment sera-t-il acceuilli par nos futurs lecteurs?
26 mai 2007
Solidarité
Écrire
un roman dans une classe est une aventure extraordinaire…
Tout
commence par une amitié : Sylvie voyant ma tristesse de devoir abandonner
un CP pour prendre une classe de CM2 me dit : « J’ai toujours rêvé d’écrire
un roman avec des enfants de cet âge… Si tu m’invites dans ta classe, je serai
heureuse de vivre cette aventure avec toi… »
Sylvie
écrit et publie des livres pour enfants, je ne le savais pas et je découvre ce
nouveau talent chez cette jeune femme qui comme moi fait de l’ACI… Au point où
j’en suis, puisque je suis lancée dans la nouveauté autant se lancer dans cette
aventure…et avec Sylvie cela ne peut que renforcer notre amitié…
Comment
rendre compte d’une telle expérience…
Pour
amorcer notre recherche Sylvie nous invite à chercher des tableaux qui nous
plaisent et d’argumenter nos choix… Étonnant de découvrir les enfants sous ce
jour…(La Charmeuse de serpents n'a pas remporté le vote d'une voix)
Premier
choix bien douloureux : se mettre d’accord sur un seul tableau… Expérience
de renoncement à ses idées pour entrer dans les idées d’autres… et ce sera
comme cela tout au long de notre aventure… Écrire à deux, argumenter sur ses
choix, accepter le résultat du vote pour avancer ensemble dans notre aventure…
La confiance des enfants, qui ne voient à aucun moment nos doutes, nos
recherches pour les faire avancer dans l’écriture, nous soutient.
Et
le résultat est enfin là… Une histoire à laquelle nous n’aurions jamais pensé
au début de notre aventure…
Ce
que j’ai aimé :
Une
participation de plus en plus active de tous les enfants, une mise en commun
des compétences des uns et des autres, un plaisir à écrire, un plaisir à
rechercher dans le dictionnaire, les tableaux de conjugaison, les encyclopédies,
sur Internet… Notre classe se transformait en ruche laborieuse… On commençait à
comprendre pourquoi il fallait faire de la grammaire, de la conjugaison, du
vocabulaire… Tout semblait enfin prendre sens pour les enfants… Transférer cela en accouchant d’une œuvre collective… Une
solidarité entre les enfants et des adultes au service de leur imagination pour
leur permettre d’aller au bout d’un rêve qui devient réalité…
Une
solidarité qui se concrétise par un roman dont le bénéfice de la vente
soutiendra une action de solidarité : aider à la reconstruction du toit d’une
école sur l’île de la Tortue
21 février 2007
Prière reçue
J'ai reçu cette prière ce matin ... reçue en ce mercredi des Cendres et il m'était demandé de la transmettre à 7 personnes dans les 5 minutes pour que ma prière se réalise!
Je ne participe jamais à une chaîne mais je transmets cette prière en pensant et en confiant au Seigneur les personnes qui y participent.
Avec tout mon respect et amitié pour la personne qui m'a transmis cette chaîne.
Prière de Sainte Thérèse (je pense celle de Lisieux)
Qu'aujourd'hui vous ayez la paix
intérieure.
Que vous puissiez faire confiance à votre puissance
supérieure de vous avoir placé exactement là où vous devez être.
Que vous
n'oubliez pas les possibilités sans limite qui naissent de la foi.
Que
vous exploitiez les dons que vous avez reçus, et fassiez suivre l'amour
qui vous a été donné....
Que vous soyez serein de savoir que vous êtes un
enfant de Dieu....
Laissez cette présence pénétrer vos os, et donner à
l'âme la liberté de chanter, danser, adorer et aimer !
24 janvier 2007
Le désert de la foi
On dit parfois de Dieu qu'il se retire, qu'il nous quitte. Ce n'est pas Dieu qui nous quitte, ce sont nos illusions, nos projections. On ne perd pas la foi ; au contraire, on commence à y entrer en perdant toutes croyances, en laissant les appuis de nos représentations.
Là aussi aimer Dieu, c'est renoncer à l'avoir, à en faire un avoir, de représentations, de concepts, de doctrines à imposer à ceux qui n'en "ont" pas, mais qui sont peut-être plus proches de la réalité qu'Il EST.
Dans la traversée du désert de la foi, nous passons de la vérité qu'on a à la vérité qu'on est, du Dieu qu'on a au Dieu qu'on est - c'est à dire de l'amour qu'on a pour un objet transcendant, et qu'on tentera plus ou moins d'imposer aux autres, à l'amour qu'on est, comme sujet transcendant capable de pardon, de tendresse et de communion avec tous les êtres.
Passer de l'amour qu'on a pour un objet transcendant que l'on croit être Dieu à l'amour qu'on est. Se découvrir dans cette nuit, un sujet transcendant capable de pardon, de tendresse et de communion avec tous les êtres.
Je pense l'avoir vécu à ta mort papa... Déjà entre nous une longue histoire de pardon réciproque, pardon gratuit pour ma part qui n'attendait plus rien que d'être là avec toi... de te demander toutefois de ne pas dépasser les limites, une exigence seulement de respect réciproque... mais tu le sentais très bien et tes propos se faisaient de plus en plus tendresse... Et je t'entendais avoir des propos de communion qui me surprenaient... T'entendre dire à maman que si tu n'avais pas aimé ta belle mère c'est que tu n'avais pas su apprécier ses qualités, et que cela tu l'avais découvert dans un échange avec moi... Une communion entre nous deux devenait enfin possible et c'est avec bonheur que j'ai préparé ta messe d'A DIEU en tenant compte de tes traditions que tu voulais m'imposer... Ultime cadeau vécue dans la joie: les chants en latin se faisaient chants angéliques qui t'accueillaient... de toute façon comme un clin d'oeil ils se font plus nombreux dans ma paroisse... Changement que je vis douleureusement mais en communion avec toi et par toi avec d'autres.
Accepter notre désert, c'est accepter notre manque à être, c'est accepter notre être comme poussière, et savoir qu'il n'y a pas de meilleur lit, qu'il n'y a pas de plus beaux draps, pour accueillir la Lumière.
L'épreuve du désert, c'est l'épreuve de la maturité. Le fruit mûr sans hâte et sans regret quitte son arbre..
Jean Yves Leloup.
Encore merci à toi Josiane qui grâce à ces passages relevés me permets de relire cet épisode de ma vie qui continue à me questionner.
21 janvier 2007
Déserts lieu de différenciation
En communion avec toi Josiane je me laisse prendre par ce texte que tu proposes à notre méditation sur ton blog...
Le désert est un lieu de différenciation.
Je rencontre alors
" un autre entier", qui me force ou m'appelle à ma propre entièreté,
cette entièreté qui n'affichera pas "complet", qui gardera toujours une
soif pour accueillir l'autre, mais qui n'imposera plus ses manques et
ne culpabilisera plus l'autre de ne plus les combler. L'épreuve du
désert entre deux humanités conduit à l'oasis d'une vraie rencontre,
rencontre de deux libertés qui au delà des régressions fusionnelles et
des impasses de la séparation se découvrent capables d'alliance.
Et oui c'est cela que permet ces temps arides de notre existence: se découvrir capable d'avoir soif de l'autre tel qu'il est... L'image de l'oasis de la vraie rencontre, celle de deux libertés qui s'allient pour avancer ensemble vers plus de vrai vie surmontant les régressions fusionnelles, les impasses de la séparation me comble.
Des épisodes de ma vie me reviennent ... Pas un long fleuve tranquille avec mes parents... Une séparation un temps pour me trouver, dire non au programme fixé pour moi... Ce temps du désert, de la séparation avec ses origines familiales, sociales pour se découvrir libre et enfin accepter de renouer avec les libertés des membres de sa famille. Dépasser la culpabilisation de la rupture... et reprendre le chemin de la route commune. Avoir eu la chance d'avoir été accompagnée sur ce chemin par des hommes de Dieu, de ce Dieu d'une Alliance qui invite chaque homme à cette aventure.
Aimer
quelqu'un c'est renoncer à l'avoir, à en faire un avoir. Dans ces
renoncements nous est donné la joie d'être, d' "être avec", sans
attente, sans exigence, mais non sans lucidité, rigueur et tendresse.
C'est tellement juste ce "être avec" sans exigence mais dans une lucidité pleine de tendresse... Une rigueur indispensable pour continuer à être soi et permettre à l'autre de vive aussi ce "être avec" qui permet l'Alliance
Aimer la vérité, c'est renoncer à l'avoir. Plus on s'en approche, plus elle nous échappe.
Plus je cherche à me connaître moi-même, plus mon véritable moi
m'échappe. Plus je me découvre moi-même, plus je me découvre inconnu
et inconnaissable, si étranger à ces étiquettes et à ces regards dans lesquels les autres pensent me reconnaître !
Merci Josiane pour ces mots si justes et qui me rappellent de longs entretiens plein de tendresse, de joie et de complicité où l'une et l'autre nous apprenons à nous dire, à nous écouter et à nous connaître tout simplement
20 janvier 2007
Déserts à traverser
Chacun à son désert à traverser.
Le désert est toujours l'ailleurs, un ailleurs qui nous conduit au plus proche de nous-mêmes.
Le désert n'est pas un but, il est un lieu de passage, il est une traversée, chacun a sa terre promise, son attente à décevoir, son espérance à éclairer.
Se connaître soi-même et ses mémoires ne va pas sans déserts à traverser.
Le désert nous révèle la fugacité, la fragilité de l'existence humaine, et quand on a renoncé aux mirages, c'est à dire quand on a renoncé à combler le vide avec des riens, se révèle le miracle de cet "instant".
Révélation de la fugacité, de la fragilité de l'existence humaine... dans la solitude, dans l'adversité... ne pas fuir la réalité de notre existence en la comblant par une hyperactivité effrénée.
Avec le temps qui passe, avec le passage de certains déserts de ma vie... une certaine sagesse m'a appris à savoir vivre tout simplement l'aujourd'hui qui m'est donné...
Renoncer aux regrets de ce qui n'a pas eu lieu, renoncer aux ressentiments, mais saisir le miracle de l'instant qui m'est proposé...
Ne pas rêver sa vie mais simplement la vivre en ouvrant ses yeux , son coeur au merveilleux don qui m'est offert gratuitement aujourd'hui.
Le sourire d'un enfant, la confidence confiante d'un élève, d'une collègue, le regard interrogateur et respectueux du conjoint... Se faire guetteur tout simplement de ce qui fait vivre, et la vie devient contemplation de signes discrets mais bien réels qui nous sont donnés chaque jour.Et ainsi trouver la force pour repartir...
Ce que peut nous apprendre le désert, c'est que l'autre est un autre et, dans une véritable relation, on ne fait pas l'économie de la différenciation, que cette différenciation prenne les formes agressives du conflit ou des formes plus sournoises de l'ennui - "l'autre nous pèse", il resiste à nos volontés d'appropriation, il ne se laisse pas "réduire au Même". Il n'est pas moi, il pense, il vit, il aime, "autrement" et c'est peut être vers cette révélation que nous conduit le désert, la révélarion de l'Altérité - l'Autre irréductible à mes volontés de jouissance, de possessions charnelles, affectives ou intellectuelles, "l'Autre comme visage", disait Levins.
Savoir regarder l'autre, oser le regarder dans ce qu'il est vraiment et oser dépasser les conflits, l'ennui... pour découvrir et contempler ce que l'autre nous révèle de lui... Lui permettre d'être, de donner et s'en réjouir tout simplement...
Merci à toi Josiane qui me fais profiter de cette lecture... Tu me dis que la traversée du désert est difficile... Oh oui, dans chaque passage il y a toujours en nous une forte résistance, un passage tout simplement par la mort pour se trouver enfin dans une vérité sur nous mêmes et sur l'autre que l'on ne connaîssait pas encore... et découvrir par ce passage un visage: celui du Tout Autre?
03 janvier 2007
Une crèche lumineuse
Un grand merci à toi Sylvie qui a pris soin de nous préparer la crèche de cette année.
Je la trouve aérienne et lumineuse.
Aérienne dans le tissu choisi pour figurer la tente où Dieu établit sa demeure... aérienne comme le Souffle qui permet que tout cela advienne.
Tout autour, des fanions: ce sont les prières confiés à l'Enfant par les enfants du catéchisme... Cela évoque en mon esprit toutes les prières tibétaines qui flottent au vent des sommets des montagnes. Le message se fait par cette image universelle... Naissance pour le monde entier.
Au sommet de la Tente de la lumière... Je suis la Lumière du monde... Lumière qui perce les ténèbres de ce monde, dans l'aujourd'hui de l'actualité... Espérance que tout peut advenir quand on se laisse saisir par le message.
Et puis comme pour insister si l'on n'avait pas compris le message un coeur...
Amour de ce Dieu Père qui donne son Fils.
Amour de Dieu qui entre dans le temps et l'espace de notre monde.
Et aux pieds de cette scène si connue des lumignons décorés de figures colorées: lumières reçues au cours du sacrement de miséricorde demandé par les enfants du catéchisme: Dieu vient dans notre monde pour la MISERICORDE.
25 décembre 2006
Message reçu d'un ami : un visage pour l'éternité
Un Visage pour l’éternité
A ce que je me souviens de la lumière de cette fin d’après-midi, c’était l’automne en Argentine. Nous venions de passer des heures auprès de nos amis du pavillon psychiatrique de la prison de Coronda et au moment de repartir, en passant une à une les grilles qui nous menaient à la sortie, nous avons été arrêtés par un groupe de prisonniers qui nous appelaient depuis une cour voisine.
Je n’oublierai jamais le visage de l’un d’entre eux qui s’appelait Alexis. Aucun mot n’arrivera à décrire la façon dont il s’est imprimé en moi. Eclair, fulgurance, éblouissement : tous ces termes sont peut-être trop grandiloquents et surtout inadéquats pour dire la douceur de cette évidente lumière que j’ai vue sur le visage de ce jeune prisonnier. Une lumière aussi intense qu’évanescente et la certitude à jamais que je venais de contempler, dans l’extrême simplicité de cette rencontre humaine, la grâce de Dieu.
Dans le bus qui nous ramena à Santa Fe et durant les jours qui suivirent, je pus commencer à mettre des mots sur cette vision et à la penser. Assurément, j’avais eu la conviction que ce prisonnier était devenu transparent à Dieu. Qu’avait-il fait pour arriver en prison ? Cela je ne le saurais jamais mais ce dont j’étais sûr désormais, c’était que la grâce et la miséricorde de Dieu étaient bien plus fortes que tout notre passé, même si –et je l’ai creusé théologiquement par la suite– cette liberté de la grâce ne fait pas fi de notre liberté d’accepter d’être acceptés par Dieu malgré tout l’inacceptable en nous, comme l’a dit si fortement Paul Tillich.
Justement, si cette dernière phrase née sous la plume d’un auteur protestant me revient souvent au cœur, c’est parce qu’en elle s’imprime le visage de lumière d’Alexis, ce visage de grâce au cœur du sordide de la prison de Coronda. C’est son visage qui m’a rendu depuis, et je pense à jamais, le christianisme comme impossiblement tragique car la grâce de Dieu n’est pas à la mesure de tous nos péchés, et c’est ce visage qui me donne la force d’espérer pour tout homme que rien n’est définitivement perdu.
L’intime visage de Dieu
Tant
de mots ont été dits ou écrits sur la Sainte Vierge la
Mère
Différents amis ont tenté de me décrire un peu l’expérience qui fut la leur au moment de la naissance de leur enfant. Cette expérience si folle de recevoir entre ses mains un visage qui tout à la fois vous ressemble et est tout à la fois absolument unique. Un visage attendu et un visage qui dépasse tout ce qui put être imaginé ou envisagé de lui. Un visage de grâce car un visage de nouveauté.
Dans l’intimité de cette mangeoire à Noël, c’est de cette même expérience d’accueil d’un visage qu’il s’agit mais recouverte de ce secret qui en cette heure n’est connu que de Marie et Joseph dans leur amour virginal : ce visage qui s’offre à leur regard est le visage de Dieu venu dans notre chair.
C’est tout. C’est la désarmante simplicité de Dieu dont la lumière inaccessible s’est laissée contempler toute entière dans le visage de cet enfant pour qu’elle continue à se laisser contempler, en promesse, dans le visage de chaque homme.
Tous nos visages sont désormais appelés à être à la mesure même du visage de cet enfant qui les éclaire et en qui plus aucun de nos visages ne pourra être définitivement défiguré.
C’est tout. C’est la désarmante
simplicité de cette espérance dont l’Eglise fait mémoire en chaque Noël et
qu’elle annonce en chacun des jours que son Seigneur lui donne.
Du jugement dernier
Cette semaine, je regardais à nouveau le portail central de Notre-Dame de Paris qui représente le jugement dernier. Etonnante vision qui accompagne l’entrée des chrétiens parisiens dans leur cathédrale depuis le Moyen-Age. Le Christ se présente à tous montrant les plaies de sa Passion glorifiées par le souffle de sa résurrection. Visage de gloire à jamais livré au jugement des hommes qui trouveront leur position face à lui en accueillant ou non l’extrême fragilité du visage de l’amour. Finalement jugement que les hommes font de l’amour, bien plus que jugement que l’amour fait des hommes.
Le chrétien sait
que sa vie est orientée et qu’elle s’achemine vers ce jugement dernier. Ce
n’est pas de crainte qu’il s’agit mais plutôt de l’infini sérieux dont Dieu
recouvre nos vies. Chacun des instants de nos vies est lourd devant ce jugement
qui vient et pour celui qui veut se mettre à la suite du Christ, la vie n’est
plus ni légère ni inconséquente.
Dans
l’incomparable fresque qu’il a donnée à la Chapelle Sixtine
Si moi-même, je
devais représenter cet irreprésentable jugement dernier qui nous attend, dans
la poésie de la théologie j’aimerais penser qu’à ce moment, en un instant de
fulgurance, nous reverrons tous les visages de ceux que nous aurons rencontrés
durant notre existence, et ils seront une multitude ! Nous les verrons
dans la lumière de Dieu qui en venant dans notre chair à Noël a rendu chacun de
nos visages dignes de lui.
Alors, nous
saurons enfin et nous comprendrons. Nous verrons ces visages que nous avons
ignorés et ces visages que nous n’avons pas aimés et cette vision sera en nous
un feu purifiant, le feu de l’amour blessé devant lequel nul d’entre nous ne
pourra se soustraire.
Et nous verrons
aussi tous les visages que nous avons reconnus et que nous avons aimés et tous
ces visages aimés ou ignorés nous porteront finalement vers l’ultime vision du
visage de Dieu. Dans la même simplicité d’expérience que fut celle de Marie et
de Joseph à Bethléem, il nous sera donné comme un nouveau don de la grâce
divine ce visage pour l’éternité.
Yann Vagneux
Aix-les-Bains, 24 décembre 2006
20 décembre 2006
Noël 2006
Quand on reçoit ce genre de voeux on ne peut que le partager: Merci Suzanne de continuer à faire signe de la part de ce Dieu qui veut prendre chair en chacune de nos vie
Noël 2006
Une nuit de Noël, un homme, une femme
manifestement enceinte, marchent, harassés. L’homme porte à bout de bras deux
énormes valises, bien fatiguées elles aussi, cerclées de pauvres ficelles. La
femme serre contre elle un cabas, dont les couleurs, autrefois, ont dû être
éclatantes.
Ils sortent d’une ruelle proche d’une gare,
ballottés par des passants pressés qui se bousculent presque en riant, car Noël
est là. Les parisiens partent à la montagne et les provinciaux viennent passer
quelques jours à la capitale. Les rires des uns croisent les joyeuses
exclamations des autres saluant des retrouvailles.
Mais le couple d’émigrés, lui ne rit pas.
Ils s’arrêtent au bord d’un trottoir. Le mari déploie un papier chiffonné et
essaie de lire à la lueur d’un néon publicitaire clignotant une adresse, … une
rue, … droite, gauche ? Gauche, droite ?...
Ils repartent dans la nuit. Autre arrêt
près d’un passant, mais leur langage n’est pas connu : l’interpellé lève
les bras dans un geste d’impuissance et s’en va.
Ils marchent. La femme suit son mari, plus
lentement. L’homme s’arrête. Une enseigne. Un hôtel modeste. Il parlemente,
d’abord avec véhémence, puis d’un geste suppliant, désigne l’état de son
épouse.
« Pas de place !
Impossible ! »
On repart. Nouvel hôtel, même résultat,
mais avec une remarque :
« Pas d’histoires avec une femme qui,
peut-être, accoucherait cette nuit. »
Un troisième, un quatrième, même réponse.
Dans l’un on a peur des étrangers. Dans l’autre on soupçonne le manque d’argent.
Pour finir, derrière une palissade de planches délimitant un chantier en
démolition, dans la carcasse d’un vieux camion, la femme prise de douleurs, se
met à gémir. L’homme affolé se précipite sur le trottoir, derrière la
palissade, saisit le bras d’un agent de police et l’emmène vers l’abri… un
enfant était né.
Police secours, hôpital, lit, berceau … Et
l’homme, lui, avec ses deux valises tourna dans le quartier jusqu’au matin, où
il put enfin trouver une adresse, des amis, un refuge.
la
Nativité
Jésus est né à Bethléem, rejeté par des gens
installés. Il est cependant accueilli par des bergers, reconnu homme et Dieu
par des étrangers : les mages.
Vous aurez toujours des pauvres parmi vous, dit le
Christ … et les pauvres, c’est moi dit Jésus. Si la lumière de cette nuit et la
joie reste dans notre maison et ne sort pas de notre cœur, alors nous
entendrons dire : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont
pas reçu. »
Ouvrons nos yeux, nos mains et notre cœur, alors
nous entendrons le Christ nous dire : « Ce que vous avez fait aux
petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. Entre dans la joie
du Royaume. »
Très belle
fête de Noël, dans la paix, la joie et l’espérance. Amitiés.
Suzanne










