28 mai 2007
le jugement
« Quand Jésus parle du jugement dernier, il dit : `J'avais faim, j'avais froid, j'étais nu, j'étais emprisonné'. Il ne dit pas un mot sur les sacrements, pas un mot sur les vertus, mais il dit : tu as partagé ou tu n'as pas partagé ?
C'est sur cela que tu es jugé. Ca
ne veut pas dire que les sacrements, les vertus sont inutiles ; mais ce
ne sont que des moyens pour apprendre à aimer, le but étant : tu
aimeras. Voilà qu'on a donné aux moyens autant d'importance qu'au but,
et même, on s'est davantage soucié de voir respectés les moyens ! »
Abbé Pierre
04 février 2007
Se laisser toucher: rencontre avec une femme (4)
Jésus
n'a pas dit: Celle-là qui cherche à toucher mon manteau n'est qu'une
hystérique. Il l'écoute lui parle et la
guérit. (Luc 8,43-48)
Un
homme passe, il a la réputation d’aimer, de guérir… Peut être va-t-il pouvoir
faire quelque chose pour que je vive se dit-elle. Et elle l’approche par
derrière…
Passer
par derrière, se faire discrète pour recevoir cette vie si attendue…
Il
tient à savoir qui a eu besoin de lui, qui a cette foi discrète et confiante en
lui. La guérison ne doit pas se faire solitaire mais pour l’édification du
peuple de Dieu… Oser toucher Dieu, oser croire à ce contact physique qui permet
à deux vitalités de se rencontrer… une échange mystérieux qui appelle foi et
donne la paix, la vie.
Toucher
matériellement Dieu, en son Corps… Le recevoir de l’Église en soi dans ses
sacrements… Pas de magie en catimini mais une foi en ce Dieu qui sauve. Un
partage du Corps du Christ entre frères pour le Salut de toute notre humanité.
03 février 2007
Rencontre avec une femme (3)
Jésus n'a pas dit:
"Celle-ci est une adultère". Il
dit: Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus. (Jn 8,1-11).
1
Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ; 2 de bon matin, il retourna au
Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner.
la
Loi
3 Les scribes et les pharisiens lui amènent
une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font
avancer, 4 et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant
délit d'adultère. 5 Or, dans
10 Il se redressa et lui demanda : « Femme,
où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » 11 Elle répondit : «
Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »
« Et
toi qu’en dis-tu ?»
D’abord
un grand silence, un regard qui se baisse et un doigt qui trace des traits sur
le sol… Un temps de prière ? Un coeur transpercée qui s’amorce ? Un
silence qui aime et surtout qui ne condamne aucun des personnages de la scène…
La
foule, la femme, les scribes et les pharisiens attendent un enseignement
crucial… Dans les cœurs la vérité commence à se faire : le prendre en
contradiction avec la loi pour certains, espérer une parole de vie pour d’autres
…
On
continue à l’interroger et il met chacun
face à sa propre vie : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit
le premier à lui jeter la pierre. »
Quel
Homme, quel Dieu ! Un appel à une solidarité humaine, à une vérité sur l’homme…
Si ton cœur te condamne, la tendresse de cet homme Jésus ne te condamnera
jamais… La délicatesse de ne surtout pas regarder dans les yeux cette foule
mais de la confier à la grande miséricorde de son Père… Une croix apparaît sur
le sol… et chacun abandonne la condamnation… Seul l’amour peut sauver l’homme
pécheur…
Instant
de vérité sur soi d’abord… Instant où Dieu se redresse pour aimer tout
simplement. Un appel à avancer vers la vie. L’humanité est regardée comme cette
femme.
27 janvier 2007
Une histoire de parfum:rencontre avec une femme
Jésus n'a pas dit: Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans le vice. Il dit: Elle a plus de chances pour le Royaume de Dieu que ceux qui tiennent à leur richesse ou se drapent clans leur vertu ou leur savoir. (Luc: 7, 36-49).
Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. 37 Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. 38 Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
39 En voyant cela, le pharisien qui avait invité
Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est
cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. » 40 Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te
dire. - Parle, Maître. » 41 Jésus reprit : « Un
créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces
d'argent, l'autre cinquante. 42 Comme ni l'un ni
l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux
l'aimera davantage ? » 43 Simon répondit : « C'est
celui à qui il a remis davantage, il me semble. — Tu as raison », lui dit
Jésus.
44 Il se tourna vers la femme, en disant à Simon :
« Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau
sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses
cheveux. 45 Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis
son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds. 46 Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a
versé un parfum précieux sur les pieds. 47 Je te le
dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son
grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. »
48 Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont
pardonnés. » 49 Les invités se dirent : « Qui est cet
homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? » 50
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »
Elle avait appris que jésus mangeait chez le pharisien et cette femme que dans ce passage on qualifie de pécheresse s'approche par derrière pour ...
Mais que veut donc cette femme?
Rendre hommage à un corps en le parfumant d'un parfum contenu dans un vase précieux...
J'aime imaginer cette scène: Jésus à table avec ce pharisien qui lui a fait les honneurs de sa table et cette femme "indigne" qui s'approche avec le vase précieux de son amour... Une femme et pécheresse en plus! Car dans le péché de chair la femme est toujours la fautive... Cette femme aime la vie, et va vers la vie et en Jésus son aspiration est reconnue et comblée... Elle en pleure d'émotion... ce ne sont pas des pleurs de remord je pense mais ces pleurs qui marquent une rencontre avec l'éternité, avec ces petits moments d'éternité qui jalonnent chaque jour notre vie si nous voulons bien y prêter attention et surtout ouvrir notre coeur.
"elle
apportait un vase précieux plein de parfum. 38 Tout
en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient
les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers
et y versait le parfum."
Et un parfum d'humanité se répand dans cette pièce... J'aime imaginer que le vase précieux plein de parfum est cette femme qui se donne pleinement à l'Amour... Elle est en retrait, derrière laissant toute sa place à l'autre, au Tout Autre qu'est Jésus...Et cela la sauve enfin d'une quête d'amour innassouvie... Enfin elle est touchée et regardée autrement par la rencontre de celui qui dit de lui: Je suis le chemin, la vérité et la vie.
Que chacun de nous sache trouver sur sa route ce regard bienveillant qui fait exister ce que nous sommes en vérité... un vase précieux rempli d'un parfum d'humanité qui ne demande qu'à se répandre.
05 janvier 2007
Rencontre avec une femme (1)
Jésus n'a pas dit: cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l'atavisme moral et religieux de son milieu, ce n'est qu'une femme. Il lui demande un verre d'eau et il engage la conversation. Jean 4, 1-42
1
Les pharisiens avaient entendu dire que Jésus faisait plus de disciples que
Jean et baptisait plus que lui. 2 (A vrai dire, ce n'était pas Jésus lui-même,
c'était ses disciples qui baptisaient.) 3 Quand Jésus apprit cela, il quitta la Judée la Samarie.
La Samaritaine
5 Il arrive ainsi à une
ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son
fils Joseph, 6 et où se trouve le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route,
s'était assis là, au bord du puits. Il était environ midi. 7 Arrive une femme
de Samarie, qui venait puiser de l'eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
8 (En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter de quoi
manger.) 9
16 Jésus lui dit : «
Va, appelle ton mari, et reviens. » 17 La femme répliqua : « Je n'ai pas de
mari. » Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n'as pas de mari, 18 car
tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari : là, tu dis
vrai. »
19 La femme lui dit : «
Seigneur, je le vois, tu es un prophète. Alors, explique-moi : 20 nos pères ont
adoré Dieu sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le
lieu où il faut l'adorer est à Jérusalem. » 21 Jésus lui dit : « Femme,
crois-moi : l'heure vient où vous n'irez plus ni sur cette montagne ni à
Jérusalem pour adorer le Père. 22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous adorons, nous, celui que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
23 Mais l'heure vient - et c'est maintenant - où les vrais adorateurs adoreront
le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.
24 Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent, c'est en esprit et vérité qu'ils
doivent l'adorer. » 25 La femme lui dit : « Je sais qu'il vient, le Messie,
celui qu'on appelle Christ. Quand il viendra, c'est lui qui nous fera connaître
toutes choses. » 26 Jésus lui dit : « Moi qui te parle, je le suis. »
27 Là-dessus, ses
disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que demandes-tu ? » ou : « Pourquoi parles-tu
avec elle ? » 28 La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux
gens : 29 « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il
pas le Messie ? » 30 Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers Jésus.
31 Pendant ce temps,
les disciples l'appelaient : « Rabbi, viens manger. » 32 Mais il répondit : «
Pour moi, j'ai de quoi manger : c'est une nourriture que vous ne connaissez
pas. » 33 Les disciples se demandaient : « Quelqu'un lui aurait-il apporté à
manger ? » 34 Jésus leur dit : « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de
celui qui m'a envoyé et d'accomplir son oeuvre. 35 Ne dites-vous pas : 'Encore
quatre mois et ce sera la moisson' ? Et moi je vous dis : Levez les yeux et
regardez les champs qui se dorent pour la moisson. 36 Dès maintenant, le
moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si
bien que le semeur se réjouit avec le moissonneur. 37 Il est bien vrai, le
proverbe : 'L'un sème, l'autre moissonne.' 38 Je vous ai envoyés moissonner là
où vous n'avez pas pris de peine, d'autres ont pris de la peine, et vous, vous
profitez de leurs travaux. »
39 Beaucoup de
Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause des paroles de la femme
qui avait rendu ce témoignage : « Il m'a dit tout ce que j'ai fait. » 40
Lorsqu'ils arrivèrent auprès de lui, ils l'invitèrent à demeurer chez eux. Il y
resta deux jours.
Il lui demande à boire et engage la conversation... Un Dieu qui demande à boire et la rencontre peut se faire... Je ne puis m'empêcher ce matin de penser aussi à ce Dieu sur la Croix qui dit "J'ai soif" et me viennent à l'esprit toutes ces soifs de notre humanité que rejoint éternellement ce Dieu qui demande tout simplement à boire.
Engager la conversation, se poser et parler tout simplement de ce qui nous fait vivre dans l'aujourd'hui de notre vie. C'est fou comme un échange en vérité transforme tout... Nos soifs se révèlent, se disent en toute confiance et l'eau vive reçue deviendra source jaillissante pour la vie éternelle.






