Le Blog d'Annik

méditations libres sur le sens de la vie, sur la foi...

01 avril 2007

Un chemin de salut: celui de la joie

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Soeur Dominique Racinet est moniale dominicaine. Elle vit au monastère de la Clarté-Notre-Dame, à Taulignan, dans la Drôme, dont elle est actuellement la prieure. Elle a publié Saint Dominique, le visage d'un coeur, Saint-Maurice (Suisse), Éditions Saint-Augustin, 2006


Le chemin vers Jérusalem


Évangile selon saint Luc (19,1-40) :

Jésus partait en tête, montant à Jérusalem. Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : « Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. Et si quelqu'un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? Vous direz ceci : « C'est que le Seigneur en a besoin. » Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez vous cet ânon ? » Ils dirent : « C'est que le Seigneur en a besoin. »
Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. Et tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. Ils disaient :
« Béni soit celui qui vient,
Le Roi, au nom du Seigneur !
Paix dans le ciel
et gloire au plus haut des cieux ! »
Quelques pharisiens de la foule lui dirent : « Maître, réprimande tes disciples. » Mais Il répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. »


Aujourd'hui, quelque chose va changer et va donc nous changer aussi. Du Dimanche des Rameaux à celui de Pâques, notre destin va basculer. Le chemin qui remonte de la terre au ciel va s'ouvrir par la Passion, la mort et la Résurrection de Jésus.
Jésus, je l'ai dit, par trois fois a annoncé sa Passion à ses disciples. Il « monte à Jérusalem » où il sait quelle souffrance l'y attend. L'heure est importante, grave, très grave.
Et voici qu'il se passe quelque chose d'incroyable. Aujourd'hui Jésus est acclamé comme Roi. Il se laisse acclamer comme Roi. Il se prête à cette situation puisque lui-même organise les préparatifs pour que tout se passe ainsi. De même, dans quelques jours, ce grand Jeudi Saint nous le verrons tout préparer pour célébrer le dernier repas. Jésus est le maître du chemin et du temps.
« Il partait en tête ». Voici bien le chef, le roi, celui qui s'avance le premier, qui ouvre le chemin, celui qui mène. Il mène les événements, et donc le destin de l'humanité. Jésus se montre le maître de la situation. Il sait ce qu'il commande, il sait ce qu'il va faire, il parle avec autorité. Depuis qu'ils le suivent, les disciples l'ont entendu parler avec autorité, en envoyé de Dieu qui a pouvoir sur les esprits mauvais, et pardonne les péchés. Les disciples reconnaissent leur « Maître », celui qui les a guidés pendant ces trois années, leur a montré le chemin d'un royaume auquel ils aspirent sans encore trop savoir de quoi il sera fait. Se trompant même, car ils ne peuvent envisager qu'un royaume bien terrestre. Les disciples obéissent donc sans peine, sans poser de questions, sans s'étonner. Leur confiance est totale.
« Allez détacher un ânon ! » Pas n'importe quel ânon, un ânon que personne encore n'a monté, une très jeune bête, un petit. L'évangéliste a retenu ce détail car il n'est pas sans importance. Pour le Sauveur, pour le Messie, on offre un animal jamais utilisé, « neuf » dirions-nous. Comme, au soir de sa mort, Jésus sera mis dans un tombeau neuf, jamais encore utilisé. Rien n'est trop beau pour le Seigneur, rien n'est trop neuf. Ce qui n'a jamais servi est un peu considéré comme « pur », pas encore touché, pas encore sali. C'est ce qui convient à celui qui est sans péché, l'innocent, le pur par excellence. C'est aussi une marque de grand respect, de vénération : il est Roi.
Pas n'importe quel roi. Le prophète Zacharie l'avait annoncé pour qu'à cette heure, tous puissent le reconnaître :
Crie de joie fille de Jérusalem !
Voici que ton roi vient à toi :
Il est juste et victorieux
Humble, monté sur un âne,
Sur un ânon, le petit d'une ânesse.
Cette monture n'a rien de ridicule, l'humilité est une richesse dans le Royaume, il faut désormais envisager les choses et les valeurs à l'opposé de celles du monde. Il faut juger des valeurs selon l'enseignement de Jésus. Pour drap d'honneur les disciples posent leurs propres vêtements, certainement leurs pauvres et simples vêtements. Jésus ne veut pas être vénéré par des draps d'or ou de riches étoffes, mais par l'humilité de ce que nous avons pour nous revêtir, quelque chose aussi qui fait partie de nous, qui est à nous. Jésus n'a pas besoin de beaux tissus mais de notre dépouillement personnel, celui qui va aller jusqu'au coeur, un coeur brisé et humilié, voilà le don qu'il aime.
Il est parfois plus facile d'aller se procurer une riche étoffe pour l'offrir que de prendre de notre nécessaire. Le temps du Carême nous a bien conduits sur ce chemin de vérité qui mène à notre coeur, là où nous donnons, non de notre superflu, mais de notre nécessaire : notre coeur pour pouvoir aimer.
Jésus ne vient jamais à nous en grand apparat, il vient à nous dans la simplicité, il vient à nous « comme nous », il est Dieu avec nous. Jésus se fait l'un de nous pour que nous puissions nous mêler à lui au point de devenir fils comme lui est Fils. Un grand apparat aurait retenu, intimidé les simples, les petits, les enfants et ceux qui leur ressemblent. Ils auraient craint de l'approcher, ils auraient craint de proposer leurs vêtements, jugés trop indignes, pour un roi de grandeur. L'humble apparat de Jésus le rend accessible, sans rien lui enlever de sa réelle royauté.

Ne craignons pas d'approcher Jésus, ne craignons pas de lui parler de nous, ne pensons surtout pas que nous le dérangeons parce que nous sommes trop petits, sans importance, c'est pour nous qu'il est venu.

Le Chemin de la Terre vers le Ciel

Une joie profonde émane du récit de cette entrée à Jérusalem. Jésus se prête avec le plus grand amour à ces instants de fête et d'exultation qui font partie de sa mission. Jésus s'avance vers la foule et la foule, qui le reconnaît, s'avance elle aussi vers lui et l'accueille. C'est toute la joie et l'émotion d'une rencontre. N'avait-il pas dit : je suis venu pour les pécheurs ? N'avait-il pas dit : je suis venu pour les malades ? N'avait-il pas dit : venez à moi vous tous qui peinez sous le fardeau ? Car je suis doux et humble de coeur ! C'est une rencontre sur le même chemin, car Jésus n'a marché que sur nos chemins. Jésus vient et nous venons à lui.

Après l'humble naissance dans une étable, après l'humble métier de charpentier et 30 années de vie cachée, l'humilité du Verbe fait chair continue de se manifester. C'est bien un roi, dont le Royaume n'est pas de ce monde. Dans quelques jours Pilate conclura : « Donc tu es Roi ? » « Tu le dis, je suis roi », répondra Jésus. Mais il vient de dire : « Mon royaume n'est pas de ce monde. »

La foule reconnaît aujourd'hui celui qui l'a enseignée, qui lui a annoncé la bonne nouvelle du salut, celui qui lui a appris l'amour du Père pour ses enfants et que lui Jésus était leur Ami. La foule reconnaît celui qui s'est fait proche en les guérissant, en les accueillant, en les touchant. La foule se souvient des signes, reconnaît les signes comme étant ceux qui devaient accompagner le Messie. Aujourd'hui, c'est bien la joie du salut qui explose dans cette liesse. Les disciples, et tous ceux qui sont présents, le reconnaissent dans un élan de joie. La joie d'accueillir celui qui va les sauver, les libérer de leurs servitudes intérieures, quelqu'un qui vient les reconnaître dans leur dignité d'hommes. Le Messie n'est plus à attendre, c'est bien lui, le descendant de David : les temps sont accomplis.

Un chemin de joie s'ouvre sous les pas de Jésus, un chemin de joie s'ouvre dans le coeur de la foule, dans le coeur de chacun. Un passage se fait, comme il s'est fait entre les eaux de la Mer rouge. Si un passage est tracé pour que Jésus puisse entrer solennellement dans Jérusalem, un passage se fait pour que Jésus puisse pénétrer profondément dans le coeur de ces hommes qui accueillent celui qui vient.
Il ne s'agit pas de la fête d'un leader mais de la reconnaissance du Sauveur. C'est très différent et c'est bien pour cela que l'événement se déroule de façon autre que pour une personnalité de ce monde.
Ce qui est annoncé dépasse toutes les royautés de ce monde. Ce qui engendre la joie dépasse toutes les bonnes raisons de se réjouir en ce monde. La joie elle-même qui se manifeste dépasse toutes les joies de ce monde. Le roi honoré dépasse tous les rois de la terre. Le chemin s'ouvre comme durant la douce et sainte nuit de la naissance. Le ciel et la terre se rencontrent pour ne plus faire qu'un seul chemin, celui de la Vie. Sans le savoir cette foule prononce les mêmes paroles que les anges : « Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux. »

Le Sauveur entre dans la ville sainte. « Béni soit celui qui vient au nom de Seigneur ». Il vient, il est là le Roi, le Roi de tous les temps, de tous les siècle, et de tous les mondes. La louange et l'action de grâce sont libérées au passage de Jésus. Dieu s'est souvenu de ses promesses en envoyant celui qui devait venir. Jésus est bien l'Envoyé qui ne vient pas en son propre nom, mais au nom du Père.

Il y a toujours des esprits chagrins et jaloux lors des fêtes, des esprits qui se veulent rationnels. Ici ils voudraient faire taire les disciples, demandant à Jésus d'intervenir lui-même, ce qui serait une façon de faire voir que Jésus lui-même n'acquiesce pas à ce qui est en train de se passer. Mais Jésus répond que cela ne peut se faire, car alors ce sera toute la création qui criera la Vérité, même les pierres parleront pour proclamer la vérité, elles crieront de joie, comme les arbres dans le psaume 96 :

Joie au ciel, exulte la terre
Les arbres des forêts dansent de joie
Devant la face du Seigneur, car il vient.

Toute la création reconnaît dans la joie et son Créateur et son Sauveur ! Les paroles de bénédiction prononcées dépassent ceux qui les prononcent, elles sont révélation de la Trinité, la joie à cet instant porte témoignage, l'Esprit est à l'oeuvre.

Un jour, pour nous aussi, sous des formes bien simples et modestes, parfois même fugitives, une seconde, une brèche dans l'éternité, nous avons reconnu quelqu'un, une présence remplie d'amour, que nous attendions sans pouvoir en dire le nom, sans pouvoir en décrire le visage. La certitude et la joie nous ont alors tellement envahis que, sans peut-être pouvoir en rendre compte plus amplement, nous affirmons que depuis ce jour il y a dans notre vie un avant et un après. Nous avons tous dans notre vie des entrées de Jésus à Jérusalem, des Dimanches des Rameaux, au souvenir de sainte joie.

Et pourtant. Et pourtant dans peu de jours, ce sera peut être ceux là mêmes qui ont exulté de cette sainte joie qui crieront « Crucifie-le ». Les instants de l'Esprit sont parfois vite étouffés par la faiblesse de notre nature humaine. Il n'y a rien de plus versatile que l'opinion d'une foule. Rien ne nous rend autant victimes de notre propre fragilité que la peur du regard et de l'opinion de l'autre au point de pouvoir dire comme Pierre : « Je ne connais pas cet homme ».

Nous le savons - la liturgie de ce dimanche nous le rappelle solennellement - Jésus va mourir après une douloureuse Passion. Il va monter sur la Croix, demander pour nous le pardon, remettre son esprit entre les mains de son Père, être mis au tombeau. Puis ce sera le grand silence du sabbat qui nous laissera dans une bien grande solitude. Alors ?

Alors, souvenons nous que Jésus en annonçant sa Passion a aussi annoncé sa Résurrection, et que sa mission ne s'arrête pas au Golgotha. Sa véritable royauté, au contraire, commence au Golgotha. Les artistes médiévaux ne s'y sont pas trompés en représentant le crucifié déjà glorifié sur la Croix.

L'entrée de Jésus à Jérusalem, acclamé par la foule, n'est pas une erreur, mais bien le chemin de joie nécessaire pour préparer le monde à reconnaître la véritable royauté de Jésus lorsqu'il meurt sur la Croix. Par sa Croix la joie est venue dans le monde, car si tout est accompli, tout n'est pas fini. Bien au contraire, là tout commence : la véritable joie, celle du matin de Pâques qui nous annonce qu'à jamais la mort a été vaincue, que nos péchés sont pardonnés et que nous pouvons appeler Dieu notre Père. Joie du salut !


Alors ? Il n'y a plus de chemin, car Le Chemin c'est Jésus lui-même, Jésus Ressuscité, Jésus qui nous dit : « Moi je suis le chemin. Et votre joie, nul ne vous l'enlèvera. »

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31 janvier 2007

La fête de la Chandeleur

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22-40)


Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans

la Loi

: Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait

la Consolation

d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de

la Loi

qui le concernaient.

Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
dans la paix, selon ta parole,
car mes yeux ont vu ton salut,
que tu as préparé à la face de tous les peuples :
lumière pour éclairer les nations païennes,
et gloire d’Israël ton peuple.
»

Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : «Vois, ton fils, qui est là, provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. — Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. — Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. »

Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

 

Une lecture sainte de l’Évangile
Le temps de la préparation

Dieu notre Père, réponds à notre attente, souviens-toi de la promesse de ton Fils : que l’Esprit Saint nous aide à mieux comprendre ce que tu veux pour nous.

Le temps de l’observation

Les parents, en venant présenter Jésus au Temple, obéissent à la loi de Moïse. Le texte de Luc se plaît à le faire remarquer trois fois au début du récit puis une fois à la fin du récit. Jésus comme tout premier-né masculin doit être présenté, "consacré" au Seigneur. La cérémonie elle-même de

la Présentation

n’est pas décrite. Le texte de Luc s’intéresse surtout à deux personnages qui viennent au Temple : un homme et une femme.
Syméon n’a aucune fonction. Il réside à Jérusalem. "Juste" et "pieux", il possède deux qualités aimées des livres de l’Ancien Testament. La justice consiste à "s’ajuster à Dieu", à suivre sa volonté.

La Bible

stigmatise les "méchants" ou "impies" qui s’opposent aux justes et aux pieux ; ce sont des "criminels" qui agissent comme si Dieu était aveugle !
Syméon attend la "consolation d’Israël". "Consolez, consolez mon peuple" disait le prophète Isaïe au nom de Dieu. Le terme de "consolation" est devenu technique et se rapporte au temps espéré où Dieu viendra "consoler" son peuple, c’est-à-dire le sauver, le délivrer. Syméon semble symboliser l’attente des croyants d’Israël en la venue des temps où Dieu consolera son peuple en lui assurant enfin la paix et la prospérité.
Le texte souligne que Syméon vient au Temple voir le "messie" de Dieu. L’enfant est présenté comme un roi, le Messie attendu. Les paroles de Syméon sont prophétiques puisque l’Esprit est sur lui. Elles concernent Jésus identifié au "salut préparé à la face des peuples" et à la "lumière" qui éclaire les autres nations.
Les paroles de Syméon adressées directement à Marie sont dramatiques, avec l’allusion à l’épée, à la division, à la chute… Devant Jésus il faudra ouvertement prendre parti : "Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre."
Anne, elle aussi, est "prophète", porte-parole de Dieu. Elle est âgée de 84 ans, c’est dire qu’elle a 7 fois 12 ans. Dans la symbolique biblique des nombres, le chiffre 7 suggère la perfection et le 12 l’universalité. Le lecteur devine ainsi qu’Anne représente parfaitement les croyants de son peuple qui attendent "la délivrance de Jérusalem".

Le temps de la méditation

Comme tout extrait d’évangile, ce récit, écrit après Pâques, dit la foi de Pâques. L’enfant de Marie, Jésus, est présenté clairement par deux prophètes, un homme et une femme, comme le Messie ou Christ. Il est le salut offert à tous et non seulement à Israël. Cette ouverture à l’universel a demandé du temps pour s’imposer à l’intérieur des premières communautés chrétiennes. Jésus est la lumière qui éclaire les nations païennes, c’est-à-dire les nations autres qu’Israël.
Jésus est aussi

la Gloire

d’Israël. "Gloire", ce mot dans la tradition biblique évoque le poids, la puissance. Le salut pour tous vient de Jésus qui est d’Israël. Jésus est toujours resté fidèle à son peuple. Il s’est soumis aux obligations de la loi dès sa naissance.
La scène de

la Présentation

se déroule au Temple de Jérusalem, centre religieux de la nation. Mais Jésus vient pour tous. On devine que Luc rappelle aux communautés qui se trouvent maintenant hors frontières, qu’elles ne peuvent pas oublier tout ce qu’elles doivent au judaïsme. Elles appartiennent au même courant que celui de Syméon et Anne, ces juifs qui depuis longtemps attendaient la venue du roi selon le coeur de Dieu, la venue du Messie.
Ce ne sont pas les prêtres qui accueillent Jésus, alors que la scène se passe au Temple, mais un "juste" (Syméon) et un "prophète" (Anne). Il y a là sans doute une critique adressée à ceux qui parmi les responsables n’ont pas accueilli Jésus, mais surtout il y a l’invitation à être "juste" comme Syméon et à prier comme Anne pour reconnaître en Jésus le Messie de Dieu. Jésus est le Messie mais il le sera par le service, non par la puissance. L’épée évoque la croix.
L’enfant ne reste pas à Jérusalem. C’est à Nazareth en Galilée qu’il recevra sa formation religieuse et professionnelle. Cette indication géographique est peut-être aussi une indication théologique. Tout doit commencer à Jérusalem. Mais il faut bien vite aller dans cette Galilée proche des autres nations. L’Église aussi commencera à Jérusalem mais les chrétiens partiront de cette ville jusqu’aux extrémités de la terre pour porter l’Évangile.

Le temps de la prière

Seigneur Dieu, notre Père, merci pour tous ces justes et ces prophètes qui ont attendu longuement la venue de ton Messie. Façonne en nous un coeur de juste qui sache s’ajuster constamment sur toi. Avec ton Esprit, comme Syméon et Anne, que nous reconnaissions en Jésus le sauveur de tous. Que ton Église reste missionnaire.

Marc Sevin, PEE 194 - février 2003, pp.16-18

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21 janvier 2007

Troisième dimanche du Temps ordinaire

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Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de

la Parole. C'est

pourquoi j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé soigneusement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.

Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe.

 Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter

la Bonne Nouvelle

aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

 Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.

Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »

 

LE TEMPS DES COMMENCEMENTS

La lecture liturgique du troisième dimanche du Temps ordinaire réunit deux passages assez différents de l'évangile de Luc: la dédicace de l'oeuvre (Lc 1-4) et le début de l'activité publique de Jésus (Lc 4,14-21). Le lien entre ces textes tient au fait qu'il s'agit, dans un cas comme dans l'autre, de commencements: commencement de l'évangile comme oeuvre littéraire dans le cas du texte de dédicace; commencement de L'ÉVANGILE comme événement de salut dans le cas de la première prédication de Jésus. Ces deux commencements, bien loin de s'opposer, sont inséparables l'un de l'autre.

Très honorable Théophile

Luc commence son ouvrage par une dédicace à un personnage du nom de Théophile, inconnu par ailleurs (cf. Ac 1,1). Ce destinataire porte un nom prédestiné : Ami de Dieu: à travers lui, ce sont tous les amis de Dieu, à travers toutes les générations, qui peuvent recevoir le message du salut.

Le but de l'ouvrage est de confirmer la sûreté des enseignements déjà reçus par Théophile (v. 4). L'écrivain n'est donc pas neutre par rapport à son sujet. S'il s'est informé avec soin et projette d'écrire un récit ordonné, c'est dans le but de transmettre un message. Son propos est catéchétique tout autant que historique.

Cela ne signifie pas que l'oeuvre n'a pas de valeur historique. Luc précise qu'il a fait une enquête soignée (v. 3) mais il n'identifie pas ses sources. Comme il vient de mentionner plusieurs écrits antérieurs au sien (v. 1) de même que le témoignage des témoins directs, devenus serviteurs de

la Parole

(v. 2), on peut raisonnablement présumer qu'il a eu recours à ces sources d'informations.

En se faisant écrivain, Luc veut être, lui aussi, un serviteur de L'ÉVANGILE. Son oeuvre n'a d'autre but que de faire mieux connaître celui qui est, par excellence,

la Bonne Nouvelle

de Dieu à son peuple.

L'Esprit à l'oeuvre en Jésus

Depuis le début de sa carrière publique, Jésus est habité par l'Esprit Saint (cf. Lc 3,22; 4,1). Le même Esprit agit en lui et lui permet de rendre manifeste la puissance de Dieu (Lc 4,14). Dès ses débuts, Jésus se fait enseignant (Lc 4,15). Luc ne donne pas de détails au sujet de cet enseignement, sinon qu'il attire à Jésus les louanges des auditeurs. Ce bref résumé a surtout pour but de préparer la scène suivante. Lorsque Jésus revient dans le village de son enfance, il est précédé d'une réputation qui fait l'étonnement de ses compatriotes.

Le discours inaugural

Luc situe la première intervention publique de Jésus dans le cadre de l'office synagogal du samedi. La prise de parole de Jésus revêt ainsi un caractère officiel que n'auraient pas les mêmes propos tenus sur une place publique!

L'essentiel du discours tient en une citation du livre d'Isaïe (Is 61,1-2 augmentés de Is 58,6). Jésus se situe donc dans la continuité de l'histoire du salut. Dans ce texte, mis sur les lèvres de Jésus, Luc trouve les thèmes majeurs de son oeuvre: L'Esprit du Seigneur qui anime le Christ, celui qui est consacré par l'onction;

la Bonne Nouvelle

annoncée aux pauvres; la délivrance accomplie par Dieu en faveur des victimes de toutes les oppressions et de toutes les exclusions.

En ces quelques lignes, Jésus définit, non seulement son programme d'action, mais le sens même de sa mission. Cependant, à ce point du récit où Jésus remet le livre au servant (v. 20), le lien n'est pas fait entre le texte qui vient d'être proclamé et la personne de celui qui le proclame. Il faut, pour franchir ce pas, une nouvelle intervention que Luc prépare avec soin.

Aujourd'hui

Au verset 20, Luc multiplie les verbes énumérant les actions posées par Jésus : Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit.

Il crée ainsi une attente de la suite : «Que va-t-il se passer maintenant?» Telle semble être la question posée par tous ces gens qui gardent les yeux fixés sur lui.

Lorsque Jésus prend finalement la parole: il crée ce lien indispensable entre la parole du prophète et la communauté rassemblée pour l'écouter: c'est aujourd'hui que cette Écriture s'accomplit (v. 21). C'est-à-dire que la promesse de Dieu exprimée autrefois par le prophète va trouver maintenant, dans la personne même de Jésus, sa plénitude de sens. Sa réalisation dans l'histoire entre dans une ère radicalement nouvelle. Jésus ne parle pas, comme les anciens prophètes, de jours à venir, mais d’un aujourd'hui qui désigne les temps nouveaux inaugurés par sa venue (cf. Lc 2,11).

Ainsi l'évangile écrit par Luc (cf. Lc 1,1-4) consiste essentiellement en la proclamation de L'ÉVANGILE, c'est-à-dire de

la Bonne Nouvelle

, révélée par la personne même de Jésus.

 

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14 janvier 2007

Des épousailles éternelles

Fra_Angelico

dimanche 14 janvier 2007

 

  2e dimanche du Temps Ordinaire 

 

 

 

Is 62, 1-5
Pour la cause de Jérusalem je ne me tairai pas, pour Sion je ne prendrai pas de repos, avant que sa justice ne se lève comme l'aurore et que son salut ne flamboie comme une torche.
Les nations verront ta justice, tous les rois verront ta gloire. On t'appellera d'un nom nouveau, donné par le Seigneur lui-même. Tu seras une couronne resplendissante entre les doigts du Seigneur, un diadème royal dans la main de ton Dieu. On ne t'appellera plus : « La délaissée », on n'appellera plus ta contrée : « Terre déserte », mais on te nommera : « Ma préférée », on nommera ta contrée : « Mon épouse », car le Seigneur met en toi sa préférence et ta contrée aura un époux.
Comme un jeune homme épouse une jeune fille, celui qui t'a construite t'épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu.

Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 7-8a, 9a.10ac
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.

Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté.
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Il gouverne les peuples avec droiture.

1 Co 12, 4-11
Frères, les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.
Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous. A celui-ci est donné, grâce à l'Esprit, le langage de la sagesse de Dieu ; à un autre, toujours par l'Esprit, le langage de la connaissance de Dieu ; un autre reçoit, dans l'Esprit, le don de la foi ; un autre encore, des pouvoirs de guérison dans l'unique Esprit ; un autre peut faire des miracles, un autre est un prophète, un autre sait reconnaître ce qui vient vraiment de l'Esprit ; l'un reçoit le don de dire toutes sortes de paroles mystérieuses, l'autre le don de les interpréter.
Mais celui qui agit en tout cela, c'est le même et unique Esprit : il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté.

Jn 2, 1-12
Trois jours plus tard, il y avait un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples.

Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. » Or, il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs ; chacune contenait environ cent litres. Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d'eau les cuves. » Et ils les remplirent jusqu'au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l'eau. Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier, et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C'était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils y restèrent quelques jours.


Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit : « Ils n'ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. » Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. »

Saint Jean de la Croix l’exprime de façon admirable : « Celui qui aime sagement ne se met pas en peine de demander ce qui lui manque ou ce qu’il désire : il se contente d’exposer son besoin, laissant au Bien-Aimé de faire ce qu’il lui plaira. La bienheureuse Vierge agit ainsi aux noces de Cana en Galilée. Elle n’adressa pas à son cher fils de demande directe, elle se contenta de lui dire : « ils n’ont point de vin » (Jn 2, 3). » (CSB 2, 8, 1233)
Simplement se présenter au Bien-Aimé en vérité avec nos manques et savoir se laisser transformer par ces épousailles éternelles qui ne passeront pas. Et devenir jour après jour la joie du divin époux.
Faire la joie de Dieu et oui nous avons le pouvoir de faire la joie de Dieu nous dit Isaïe...Alors ne nous en privons pas...

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07 janvier 2007

Sagesse

ciel

Livre de

la Sagesse

chapitre 13

 

   
 

1
 
 

 
 

Ils sont foncièrement   insensés,
  tous ces hommes qui en sont venus à ignorer Dieu :
  à partir de ce qu'ils voient   de bon,
  ils n'ont pas été capables de   connaître Celui qui est ;
  en examinant ses oeuvres,
  ils n'ont pas reconnu   l'Artisan.

 

 

   
 

2

 
 

Mais c'est le feu, le vent, la   brise légère,
  la ronde des étoiles, la   violence des flots,
  les luminaires du ciel,   gouverneurs du monde,
  qu'ils ont regardés comme des   dieux.

 

 

   
 

3

 
 

S'ils les ont pris pour des   dieux
  à cause de la beauté qui les a   charmés,
  ils doivent savoir
  combien le Maître de ces   choses leur est supérieur,
  car l'Auteur même de la beauté   est leur créateur.

 

 

   
 

4

 
 

Et s'ils les ont pris pour des   dieux
  à cause de la puissance et de   l'efficacité
  qui les ont frappés,
  ils doivent comprendre à   partir de ces choses
  combien Celui qui les a faites   est plus puissant.

 

 

   
 

5

 
 

Car la grandeur et la beauté   des créatures
  font, par analogie, découvrir   leur Auteur.

 

 

   
 

6

 
 

Et pourtant, ces hommes ne   méritent qu'un blâme léger ;
  car ils ne s'égarent peut-être
  qu'en cherchant Dieu avec le   désir de le trouver :

 

 

   
 

7

 
 

ils poursuivent leur recherche
  en étant plongés au milieu de   ses oeuvres,
  et ils se laissent prendre aux   apparences,
  car ce qui s'offre à leurs   yeux est si beau !

 

 

   
 

8

 
 

Encore une fois, pourtant, ils   ne sont pas excusables.

 

 

   
 

9

 
 

S'ils ont poussé la science
  à un degré tel qu'ils sont   capables
  d'avoir une idée sur le cours   éternel des choses,
  comment n'ont-ils pas   découvert plus vite
  Celui qui en est le Maître ?

 

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Epiphanie

fetes_epiphanie

Is 60, 1-6
Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s'est levée sur toi. Regarde : l'obscurité recouvre la terre, les ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi.
Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux, regarde autour de toi : tous, ils se rassemblent, ils arrivent ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras.
Alors tu verras, tu seras radieuse, ton coeur frémira et se dilatera. Les trésors d'au-delà des mers afflueront vers toi avec les richesses des nations. Des foules de chameaux t'envahiront, des dromadaires de Madiane et d'Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l'or et l'encens et proclamant les louanges du Seigneur.

Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 10-11, 12-13
Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu'il gouverne ton peuple avec justice,
qu'il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu'à la fin des lunes !
Qu'il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !

Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents,
les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

Ep 3, 2-3a.5-6
Frères, vous avez appris en quoi consiste la grâce que Dieu m'a donnée pour vous : par révélation, il m'a fait connaître le mystère du Christ. Ce mystère, il ne l'avait pas fait connaître aux hommes des générations passées, comme il l'a révélé maintenant par l'Esprit à ses saints Apôtres et à ses prophètes. Ce mystère, c'est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l'annonce de l'Évangile.

Mt 2, 1-12
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent : « A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

Des épiphanies.

Bien qu’on ait spécialisé l’emploi de ce mot pour la visite des Mages, on trouve plusieurs épiphanies dans les évangiles.

Épiphanie s’applique en effet à l’action de faire paraître, d’amener à la lumière. Donc, révélation d’une réalité qui était déjà là mais cachée. Les mages révèlent que l’enfant de Bethléem est le roi, le Messie attendu. Au Baptême, c’est la voix du Père qui révèle que cet homme est le Fils bien-aimé. À Cana, Jésus, bien que son heure ne soit pas encore venue, « manifeste sa gloire ». L’heure de la révélation plénière sera celle de

la Pâque

: « C’est maintenant que le Fils de l’homme va être glorifié », lisons-nous en Jean 12,23, à la veille de

la Passion. Au

dossier des épiphanies, inscrivons aussi

la Tranfiguration

, où Dieu désigne Jésus comme son Fils, et qui anticipe sur la gloire de la résurrection. Il est vrai que ces épiphanies diffèrent du « récit » de la visite des mages. Dans ces textes, la révélation vient en effet soit du Père, comme au Baptême ou à la transfiguration, soit de Jésus lui-même, comme à Cana. Avec les Mages, pas d’intervention divine directe, pas de miracle accompli par cet enfant encore incapable de parler. Tout se passe entre ces astrologues et le cosmos. Tout cela nous donne à penser que

la Gloire

qui se manifestera dans la vie et la mort de Jésus est déjà inscrite dans la nature, cachée depuis le commencement du monde.

Ce que la création nous révèle.

L’Évangile ne nous dit pas comment ces Mages ont découvert que l’étoile nouvelle qu’ils observaient concernait la naissance du roi des Juifs. Cela signifie que ce qui se passe dans la nature achemine déjà les hommes vers la vérité qui achèvera de se révéler dans et par le Christ. On repense au Psaume 19 : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament fait connaître l’œuvre de ses mains (...) Non point récit, non point langage, nulle voix que l’on puisse entendre, mais leur sens se propage sur toute la terre et leurs accents jusqu’aux extrémités du monde. » Même conviction en Romains 1,19-20 : « Ce que les hommes peuvent connaître de Dieu est pour eux manifeste ; Dieu lui-même le leur a manifesté. Depuis la création du monde, en effet, ses œuvres rendent visibles ses attributs invisibles (...) » Sans doute pense-t-il, en écrivant cela, à Sagesse 13,1-9. Très beau texte, trop long pour être reproduit ici. Ce que nous appelons

la Révélation

est donc antérieur, et sous-jacent, à ce que nous dévoilent les prophètes d’Israël. À partir de l’histoire des Mages, nous avons à découvrir que tout homme, de toute culture, religion ou statut social, reçoit une révélation de Dieu à travers le Livre sans parole de la création. Israël, à travers son histoire et son Livre en paroles, en donne le sens, totalement dévoilé en Jésus Christ.

Israël et l’étranger.

Ainsi la visite des Mages nous fait comprendre que la rencontre du Christ d’Israël n’est pas réservée au peuple élu, même si c’est par ce peuple que nous parvient la découverte de « Dieu avec nous ». C’est pourquoi le récit signale que c’est Hérode et les scribes d’Israël qui révèlent aux Mages, figures de l’étranger, l’endroit de la naissance de Jésus. Ils révèlent mais ne  prennent pas la route vers le lieu de la manifestation de la gloire. On peut penser que Matthieu écrit dans une communauté chrétienne où les païens ont été plus nombreux que les juifs à accueillir l’Évangile. Ce que nous appelons Dieu ne vient donc pas à nous exclusivement par les religions héritées de nos ancêtres. On l’a dit, il est là dans tout ce qui existe, et le cosmos est recréé pour tout enfant qui naît. Ces étrangers viennent justement ramener à leur source les richesses que la création leur a données. Souvenons-nous aussi de la signification que la tradition chrétienne a attribué à ces présents. L’or, hommage dû au roi : par cet enfant démuni, c’est le règne de Dieu qui arrive. L’encens, offrande à Dieu signifiant la prière. La myrrhe, utilisée pour embaumer les morts. On pense à Philippiens 2,5-11 : en devenant cet enfant, cet homme, le Christ se dépouille déjà de sa condition divine. Il ira plus loin : jeté en terre comme la semence, il se dépouillera aussi de sa condition humaine et nous fera parcourir le chemin inverse, puisqu’à partir de sa mort et de notre mort nous sommes appelés à partager la nature de celui dont le Nom est au-dessus de tout nom.

Marcel Domergue

 

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02 janvier 2007

Qui es-tu? Qui suis-je?

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Saints Basile le Grand et Grégoire de Nazianze, évêques et docteurs de l'Église 

 

1 Jn 2, 22-28
Mes biens-aimés, le menteur n'est-il pas celui qui refuse d'admettre que Jésus est le Christ ? C'est celui-là l'Anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils, car celui qui refuse le Fils se sépare du Père, et celui qui reconnaît le Fils trouve en même temps le Père.
Pour vous, gardez en vous-mêmes ce que vous avez entendu depuis le commencement. Si ce que vous avez entendu depuis le commencement demeure en vous, vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père. Et ce que le Fils lui-même nous a promis, c'est la vie éternelle.
Voilà ce que j'avais à vous dire au sujet de ceux qui cherchent à vous égarer. Mais elle demeure en vous, l'onction par laquelle il vous a consacrés, et vous n'avez pas besoin qu'on vous instruise. Vous êtes instruits de tout par cette onction, qui est vérité et non pas mensonge : suivant ce qu'elle vous a enseigné, vous demeurez en lui.
Et maintenant, mes petits enfants, demeurez en lui ; ainsi, quand il paraîtra, nous aurons de l'assurance, et nous serons sans honte devant lui, lors de sa venue.

Ps 97, 1-4
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
Par son bras très saint, par sa main puissante,
il s'est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
Il s'est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d'Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez.

Jn 1, 19-28
Voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. — Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n'est pas moi. »
Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »
Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n'es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »
Tout cela s'est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l'endroit où Jean baptisait.

Homélie

« Qui es-tu ? » Et si la question posée à Jean-Baptiste nous était aussi adressée ? Se mettre à la suite de Jésus requiert avant tout la volonté de s’interroger sur soi-même. L’authenticité ne demeure-t-elle pas, en effet, une donnée fondamentale pour rencontrer le Seigneur ? L’évangile nous interroge aujourd’hui : « Que dites-vous de vous-mêmes ? Non pas ce que disent les autres, ce que vous voudriez qu’ils disent. Non. Vous, que dites-vous ? »

La difficulté est que notre monde nous a déshabitués de ce questionnement sur nous-mêmes. L’expérience de fragmentation caractérise pesamment notre société et notre culture. Nous vivons superficiellement et la plupart du temps nous sommes contraints à le faire. Le temps est une dimension de notre existence qui ne cesse de s’accélérer si bien que même si nous en avons le souhait, s’arrêter pour prendre un moment de silence ou de réflexion devient héroïque.

Et pourtant, c’est comme si Jean nous disait : si tu n’as pas le courage d’entrer en toi-même, tu ne pourras pas suivre Jésus, tu ne pourras jamais le rencontrer, ni même t’approcher de celui qui te l’indique comme le Sauveur de monde.

Mais entrer en soi-même pour trouver qui ? Soi-même ? Non. Car ce serait là se faire piéger par un individualisme où l’homme demeure centré sur l’homme dans l’illusion de trouver la racine de son être. Car nous ne pourrons jamais être à nous-mêmes notre propre origine.
Il s’agit d’entrer en soi-même non pas pour se tourner sur soi et plonger dans une vacuité intérieure, mais tout au contraire pour détourner le regard de soi et le tourner vers cet Autre qui est Dieu, à la fois immanent et transcendant, et recevoir de lui ce que nous sommes. Au bout de ce chemin intérieur, c’est le Seigneur que nous sommes appelés à rencontrer, lui qui est plus intime à nous que nous-mêmes et bien supérieur à ce qu’il y a en nous de plus haut : « Deus est interior intimo meo et superior summo meo » (Saint Augustin, Confessions 3, 6, 11).

Il est intéressant de noter que Jean-Baptiste ne répond pas aux prêtres et aux lévites qui l’interrogent en disant : « Moi, je suis… » Pas du tout. Il commence par se définir en disant qui il n’est pas et en premier lieu qu’il n’est pas le Messie. C’est ensuite seulement qu’il se définit de façon positive. Et là encore, il ne le fait pas à partir de lui-même mais en se référant au Messie à travers la mission qu’il lui a confiée : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur… ».

Jean Baptiste nous enseigne ici que notre véritable identité se trouve en Dieu, enracinée en son Amour qui se révèle à nous à travers la mission qu’il nous confie, la vocation à laquelle il nous appelle. Se décentrer ainsi de soi et se recevoir d’un Autre demande de l’humilité. C’est bien ce que nous enseigne encore le Précurseur : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. »

« Seigneur, donne-nous cette grâce de trouver la vérité profonde de notre être dans notre relation à toi. Alors saisis par ta présence, nous pourrons humblement mettre nos pas dans tes pas pour répondre dans la joie à la mission que tu nous confies. »

Frère Elie

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01 janvier 2007

Sainte Marie Mère de Dieu

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Sainte Marie, Mère de Dieu 

 

Nb 6, 22-27
Le Seigneur dit à Moïse : « Voici comment Aaron et ses descendants béniront les fils d'Israël : 'Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix !' C'est ainsi que mon nom sera prononcé sur les fils d'Israël, et moi, je les bénirai. »

Ps 66 (67), 2b.3, 5abd, 7.8b
Que ton visage s'illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
sur la terre, tu conduis les nations.

Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l'adore !

Ga 4, 4-7
Frères, lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils ; il est né d'une femme, il a été sous la domination de la loi de Moïse pour racheter ceux qui étaient sous la domination de la Loi et pour faire de nous des fils.
Et voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé par Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos coeurs, et il crie vers le Père en l'appelant « Abba ! ». Ainsi tu n'es plus esclave, mais fils, et comme fils, tu es héritier par la grâce de Dieu.

Lc 2, 16-21
Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s'étonnait de ce que racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son coeur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception.


Homélie

Les bergers arrivent à la crèche et découvrent tout selon ce que les anges leur avaient annoncé. Et comme tous ceux qui ont été introduits dans ce mystère de la nativité, Marie la première, ils courent l’annoncer à leur tour. Tous ceux qui sont là, avec eux, en profitent les premiers : nous n’avons aucune peine à les imaginer discuter entre eux de ce qu’ils contemplent, à se redire entre eux ce que les anges avaient annoncé et qu’ils découvrent.

Au cœur de ce joyeux tumulte, saint Luc attire alors notre attention sur Marie. Elle « retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». La voir au cœur de ce mouvement a quelque chose d’incongru : elle écoute les bergers lui apprendre la nouvelle, elle qui en est mieux informée que quiconque. En outre, elle ne les écoute pas d’une oreille amusée, comme on laisserait un enfant nous expliquer naïvement une découverte qu’il vient de faire mais que nous connaissons déjà depuis longtemps. Non, Marie retient et elle médite tout cela. Un peu comme si elle découvrait peu à peu elle aussi, comme si elle entrait plus profondément dans le mystère, nous entraînant ainsi à sa suite, vers de nouvelles clartés.

En effet, Marie est en elle-même l’Octave de Noël. Elle était là au tout début, elle sera là à la fin. C’est en elle que tout a commencé, c’est en elle aussi que tout s’achève. Aujourd’hui, après une semaine de festivités, le jour de Noël s’achève. Il se dissipe dans deux directions : il part avec les bergers, qui proclament tout au long de leur chemin la bonne nouvelle du salut offert en Jésus-Christ ; il part avec Marie, dans les profondeurs de la contemplation. Mais c’est Marie, qui, dans son silence, nous apprend à rencontrer Celui qui vient. C’est pourquoi nous choisissons de rester près d’elle aujourd’hui.

Notre sauveur vient à nous en effet et nous avons à faire connaissance avec lui. Marie, sa mère, se pose évidemment cette question, elle cherche tout ce qui l’aidera à discerner le projet de Dieu sur ce nouveau-né. Elle est la servante du Seigneur, elle ne désire rien d'autre que la réalisation de son projet. Elle qui est tout offerte, elle ne cherche pas à retenir son fils pour elle-même, elle accueille chacun des événements qui le concernent comme un dévoilement progressif de la mission de son fils. Marie n’a pas enfanté simplement un corps dont Dieu avait besoin pour venir à nous, elle est la mère de Dieu, sa maternité s’exerce sur la personne de son Fils, qui est divine, elle est le chemin que Dieu, en personne, prend pour venir à nous.

L’écoute attentive et la disponibilité radicale de Marie qui ont permis ce prodigue, montrent comment sa maternité consiste à faire la volonté de Dieu. C’est en faisant la volonté de Dieu qu’elle devient mère du Seigneur et c’est aussi par la volonté du Seigneur de nous rejoindre qu’elle est devenue mère de Dieu. En effet, en Jésus-Christ, Dieu ne veut pas seulement montrer qu’il est proche de nous, il veut faire de nous ses fils.

Saint Paul nous enseigne dans la deuxième lecture comment ce désir de Dieu nous unit alors à Marie. Le Père en effet nous engendre par sa Parole toute-puissante qu’il prononce dans le souffle de l’Esprit, comme il engendra son Fils unique dans le sein de la Pleine de Grâce, la Vierge Immaculée. « Et voici la preuve que vous êtes des fils, nous dit saint Paul : envoyé de Dieu, l’Esprit de son Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père en l’appelant “Abba !” ».

L’analogie entre l’enfantement du Christ-Tête par l’action conjointe du Verbe et de l’Esprit dans le Cœur Immaculé de Marie, et l’enfantement de son Corps par l’action des mêmes Personnes divines dans le cœur des croyants, justifie que la liturgie de ce jour place Marie au centre de la célébration ; non pas en lieu et place de Dieu dont elle usurperait la position, mais comme celle que Dieu lui-même nous propose en exemple afin de pouvoir pleinement l’accueillir, et « grandir en grâce et en sagesse » sous son regard.

Nous célébrons donc Marie, avec joie et reconnaissance, en ce qu’elle accueille d’une façon inconditionnelle la volonté de Dieu et dans la manière dont elle veille sur la croissance de la vie de son enfant divin. Nous la célébrons et nous lui demandons, puisqu’elle est la mère de Dieu, d’être aussi la nôtre. Nous lui demandons de nous aider à établir en nous ces dispositions envers l’Esprit de Dieu et à affiner notre attention à la croissance de la vie divine en nous. Car, de la même façon que Marie est attentive à chaque parole d’action de grâce des bergers pour ne rien perdre du mystère qui vient de prendre corps, nous non plus, nous ne voulons rien laisser perdre de la bénédiction de Dieu qui nous est faite en Jésus-Christ.

En ce premier jour de l'année, demandons à la Vierge Marie qu'elle intercède pour nous, afin que « le Seigneur fasse briller sur nous son visage, qu'il se penche sur nous, qu'il tourne vers nous son visage et nous apporte la paix », selon la Parole de Dieu donnée à Moïse dans la première lecture. Que nous passions chaque jour de cette année en sa bénédiction, en lui permettant de nous découvrir sa douce présence au cœur de nos vies, sous le regard bienveillant de Marie, Mère de Dieu.


Frère Dominique

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31 décembre 2006

Fête d la Sainte Famille

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Sainte Famille 

 

1 S 1, 20-22.24-28
Le temps venu, Anne conçut et mit au monde un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c'est-à-dire : Dieu exauce) car, disait-elle : « Je l'ai demandé au Seigneur. » Elcana, son mari, monta au sanctuaire avec toute sa famille pour offrir au Seigneur le sacrifice habituel et celui du voeu pour la naissance de l'enfant. Anne, elle, n'y monta pas. Elle dit à son mari : « Quand l'enfant sera sevré, je l'emmènerai : il sera présenté au Seigneur, et il restera là pour toujours. »
Lorsque Samuel eut été sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ; elle avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on présenta l'enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t'en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi en priant le Seigneur. C'est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l'a donné en réponse à ma demande. A mon tour je le donne au Seigneur. Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.

Ps 83 (84), 3, 4, 5-6, 9-10
Mon âme s'épuise à désirer
les parvis du Seigneur ;
mon coeur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant !

L'oiseau lui-même s'est trouvé une maison,
et l'hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :
tes autels, Seigneur de l'univers,
mon Roi et mon Dieu !

Heureux les habitants de ta maison :
ils pourront te chanter encore !
Heureux les hommes dont tu est la force :
des chemins s'ouvrent dans leur coeur !

Seigneur, Dieu de l'univers, entends ma prière ;
écoute, Dieu de Jacob.
Dieu, vois notre bouclier,
regarde le visage de ton messie.

1 Jn 3, 1-2.21-24
Mes Bien-aimés, voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu'il n'a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est.
Mes bien-aimés, si notre coeur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu. Tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l'accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît.
Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé. Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu'il demeure en nous, puisqu'il nous a donné son Esprit.

Lc 2, 41-52
Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent. Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. » Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait.
Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son coeur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.

Homélie

Trois jours de recherche anxieuse, aboutissant à une découverte déconcertante, accompagnée d’une parole énigmatique : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? » N’est-il pas normal pour des parents de s’inquiéter de la disparition de leur enfant ? « Ne le saviez-vous pas ? », insiste l’adolescent ; on a du mal à imaginer Jésus faisant à ses parents le mauvais coup de disparaître sans rien dire : il avait du les avertir de l’une ou l’autre manière, mais eux n’avaient « pas compris ce qu’il leur disait : “C’est chez mon Père que je dois être” ». Jésus enfant avait déjà révélé, par la parole et ses attitudes concrètes, l’orientation fondamentale de toute sa vie : il vient d’auprès du Père, et c’est vers lui qu’il retourne, entraînant à sa suite tous ceux qui aurons cru en lui, c'est-à-dire tous ceux qui auront reconnu en lui le Bon Berger venu rassembler les enfants dispersés de Dieu son Père, pour les introduire dans la demeure de son Amour. Au matin de Pâque, au terme de trois jours de recherche angoissée, une autre Marie s’entendra dire les mêmes paroles : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17).
Pourtant l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, n’a nullement l’intention de nous quitter : tout en remontant vers le Père, le Ressuscité demeure avec nous « pour toujours, jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). Les Anges de la résurrection renvoient d’ailleurs les disciples en Galilée (Mt 28, 7), là où le Seigneur leur avait donné rendez-vous avant d’entrer dans sa Passion ; mais eux non plus, « n’avaient pas compris ce qu’il leur disait ». Le parallélisme entre les deux situations est trop évident pour ne pas les mettre en relation : descendant avec Marie et Joseph « pour rentrer avec eux en Galilée à Nazareth », l’Enfant Jésus anticipe le parcours du Ressuscité. Le Fils unique élevé à la droite du Père, descend habiter nos Nazareth pour apprendre à tous ceux qui « ont foi en lui », à vivre en fils et filles de Dieu ; car « le Père a voulu que nous soyons appelés ses enfants - et nous le sommes » (2nd lect.). C’est dans nos Galilées quotidiennes que par l’Esprit, le Christ nous apprend, jour après jour, à « nous aimer les uns les autres, comme il nous l’a commandé » (Ibid.).
Or dans la Bible, le couple et la famille sont le berceau de l’amour. Dès les origines, la différence sexuelle est inscrite par Dieu au cœur de l’humanité afin que puisse s’éveiller l’amour au cœur de l’homme et de la femme ; ils pourraient ainsi pressentir le bonheur pour lequel le Seigneur les a créés et dont il espère pouvoir les combler dans l’Esprit. Certes, le péché a mis en cause ce projet, mais Dieu ne se laisse pas vaincre par le mal : en épousant la condition humaine, il révèle l’archétype de toute relation nuptiale : « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l’Eglise » (Ep 5, 31-32). Par sa croix, Jésus a réconcilié les hommes avec Dieu et leur a ouvert à nouveau la voie du « bel amour » (Jean-Paul II) : dans l’Esprit Saint qui est descendu sur eux au moment de la bénédiction nuptiale, les époux sont à nouveau rendus capables de s’aimer d’un amour qui les sanctifie « puisqu’il leur a donné son Esprit » (2ème lect.).
L’antienne d’ouverture de la liturgie de la fête de la Sainte Famille nous le rappelle : « Les bergers vinrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une crèche » ; en naissant au sein d’une famille humaine, le Fils de Dieu a élevé celle-ci à une extraordinaire dignité. Par ce choix, le Seigneur non seulement confirmait le mariage comme « sacrement primordial » (Jean-Paul II), mais il l’intégrait dans l’économie de l’Incarnation rédemptrice. A la lumière de la Sainte Famille de Nazareth et du mystère de la Rédemption, le mariage est redevenu l’école où le Père lui-même enseigne à ses enfants la logique de l’amour. « Heureux les habitants de ta maison Seigneur : ils pourront te chanter encore ! (Ps 83).
Cette vision du mariage peut paraître bien idyllique, et par le fait même peu réaliste. Mais la garantie de l’assistance de l’Esprit ne signifie en rien que les épreuves soient épargnées aux époux chrétiens. Marie et Joseph eurent largement leur part à porter comme nous pouvons le pressentir à travers le récit relaté par l’Evangile de ce jour. Certes leurs épreuves ne furent sans doute pas du même ordre que celles qu’ont à traverser nos familles chrétiennes au cœur d’un monde qui met en cause l’institution familiale dont il ne reconnaît plus le caractère sacré. Mais le Seigneur redit aujourd’hui à tous ceux qui font la douloureuse expérience de l’impuissance et du désarroi devant la dérive de la famille, au point de se sentir abandonnés par Dieu : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être ».
A travers ces paroles déconcertantes, Notre-Seigneur nous invite à réorienter notre recherche : ce n’est probablement pas parmi « nos parents et nos connaissances » que nous trouverons les encouragements que nous cherchons pour pouvoir persévérer sur le droit chemin malgré les vents contraires ; mais c’est dans le Temple de l’Eglise, à l’écoute de la Parole, que nous puiserons la force de la fidélité : « Heureux les hommes dont tu es la force : des chemins s’ouvrent dans leur cœur » (Ps 83). Comme Marie, nous sommes invités à « garder dans notre cœur tous ces événements », afin de grandir nous aussi, sinon en taille, du moins « en sagesse et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes ».


« Tu as voulu, Seigneur, que la Sainte Famille nous soit donnée en exemple ; mais tu sais combien de nos jours l’institution familiale est malmenée. Accorde ta grâce aux époux chrétiens, afin qu’ils trouvent en toi la force de pratiquer les vertus familiales qui fleurissaient à Nazareth. Qu’unis ici bas par les liens de ton amour, ils se retrouvent un jour pour une éternité de bonheur, dans la joie de ta maison » (cf. Or. d’ouvert.).


Père Joseph-Marie

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30 décembre 2006

Octave de Noël

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Octave de Noël 

 

1 Jn 2, 12-17
Je vous le dis, mes petits enfants : « Vos péchés sont pardonnés à cause du nom de Jésus. » Je vous le dis à vous, les plus anciens : « Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. » Je vous le dis à vous, les plus jeunes : « Vous avez vaincu le Mauvais. » Je vous l'ai dit à vous, mes enfants : « Vous connaissez le Père. » Je vous l'ai dit à vous, les plus anciens : « Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. » Je vous l'ai dit à vous, les plus jeunes : « Vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais. »
N'ayez pas l'amour du monde, ni de ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, il n'a pas en lui l'amour du Père. Tout ce qu'il y a dans le monde - les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l'orgueil de la richesse - tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Or, le monde avec ses désirs est en train de disparaître. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours.

Ps 95 (96), 7-8a, 8b-9, 10
Rendez au Seigneur, familles des peuples,
Rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
Rendez au Seigneur la gloire de son nom.

Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Le monde, inébranlable, tient bon.
Il gouverne les peuples avec droiture.

Lc 2, 36-40
Quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Homélie

Après la prophétie du vieillard Siméon, vient celle d’Anne, dont le nom signifie « Dieu est miséricorde », fille de Phanuel - « Dieu est lumière » - de la tribu d’Aser, c’est-à-dire « bonheur ». En déployant ainsi la signification des noms, on comprend mieux que l’évangéliste se soit donné la peine de mentionner en détail l’appartenance familiale de Anne. Et ce n’est pas tout : les 84 ans de cette vénérable dame représentent probablement de manière symbolique le long temps d’attente des 12 (8+4) tribus d’Israël, qui pleurent l’absence de l’Epoux après que le péché les ait chassées de sa présence en Eden (7). Poursuivant notre exercice, nous remarquerons que 7 fois 12 est égal à 84 : le temps de l’accomplissement est enfin arrivé !
Par son assiduité au jeûne et à la prière, Anne fait donc figure non seulement de la veuve parfaite (1 Tim 5, 5), mais de l’humanité repentante qui s’est tournée vers Dieu dans le désir de sa venue. Le ministère prophétique de ces deux vieillards dont les yeux déjà s’éteignent, nous désigne Jésus comme la « lumière », la « miséricorde » et comme promesse de « bonheur ». Telles sont les paroles d’espérance que le Père adresse en son Fils, à tous ceux qui souffrent des ténèbres du péché et désirent ardemment le salut que lui seul peut leur donner.
Au terme de sa vie, relisant tout son cheminement avec le Seigneur Jésus pour en partager l’essentiel avec les croyants, saint Jean synthétise son enseignement en quelques traits qui explicitent l’accomplissement de ces trois paroles prophétiques :
- Vous connaissez le Verbe lumière, qui existe depuis le commencement ;
- Vous avez vaincu le Mauvais par la puissance de sa miséricorde ;
- Vous connaissez le bonheur d’être enfants du Père et de vivre de son Esprit.
Au milieu de toutes les vicissitudes de ce monde qui passe, cette triple certitude - qui correspond aux trois vertus théologales - devrait nous sauver de la tristesse et nous garder dans une vivante espérance, « proclamant les louanges de Dieu, et annonçant la réalisation de la promesse à tous ceux qui attendent la délivrance de Jérusalem ».
Le Seigneur ne nous demande pas des choses extraordinaires : il les a lui-même accomplies pour nous il y a deux mille ans !
Il nous demande seulement de rester fidèles à la Parole de lumière qu’il nous a donnée pour qu’elle soit une lampe sur nos pas, une lumière sur notre route.
Il nous exhorte au combat spirituel en renonçant à « l’amour du monde et de ce qui est dans le monde », car « les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l’orgueil de la richesse » sont incompatibles avec l’amour du Père.
Il nous encourage à résister au Mauvais en comptant sur sa grâce, et à nous relever de nos chutes en nous appuyant sur sa miséricorde.
Il nous invite à nous attacher fermement à sa volonté, afin d’échapper aux séductions de « ce monde qui est en train de disparaître », et de demeurer en lui dès à présent et pour toujours (cf. 1ère lect.).
C’est ainsi que nous connaîtrons le bonheur de voir grandir et se fortifier en nos cœurs l’enfant divin, dont le germe a été déposé en nous au jour de notre baptême ; et la grâce de Dieu sera sur nous à jamais.

« Donne-nous Seigneur de demeurer jour et nuit vigilants dans le Temple de notre cœur où tu résides. Quelle que soit notre activité, que notre conscience demeure éveillée en ta présence afin que nous soyons forts pour vaincre le Mauvais ; que ta parole réside en nous pour nous montrer la route à suivre ; que ton Esprit illumine nos âmes afin que nous puissions discerner et accomplir ta volonté en toutes choses. Alors nous pourrons rendre à ton Nom la gloire et la puissance qui lui reviennent et proclamer ta royauté universelle à toutes les nations (cf. Ps 95) ».


Père Joseph-Marie

Posté par Agrand à 06:56 - Parole de Dieu - Commentaires [0] - Permalien [#]
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